Genève: La Conférence des Eglises européennes interpelle le Saint-Siège
La Charta Oecumenica pas mentionnée dans «Ecclesia in Europa»
Genève, 25 août 2003 (Apic) La Conférence des Eglises européennes regrette que la récente exhortation apostolique post-synodale «Ecclesia in Europa», promulguée le 28 juin dernier par le pape Jean Paul II, passe sous silence la «Charta Oecumenica» destinée à promouvoir le développement de la coopération entre les Eglises chrétiennes en Europe.
Dans un communiqué publié lundi 25 août à Genève, le secrétaire général de la Conférence des Eglises européennes (KEK), le pasteur Keith Clements, dit sa «surprise et sa déception» à ce propos. Il a écrit au cardinal Walter Kasper, président du Conseil pontifical pour la Promotion de l’Unité des Chrétiens, pour lui demander des précisions quant à la dimension oecuménique de la récente exhortation apostolique du pape Jean Paul II, «Ecclesia in Europa». Ce document fait suite à la 2e Assemblée spéciale pour l’Europe du Synode des Evêques qui s’est tenu au Vatican du 1er au 23 octobre 1999.
Keith Clements relève que dans l’exhortation, «il n’est fait mention d’aucun événement, programme ou organisation en relation avec les derniers développements de notre voyage oecuménique en Europe (.) Plus particulièrement, nous exprimons notre étonnement devant l’absence de mention dans l’exhortation de la Charta Oecumenica – Lignes directrices en vue d’une coopération croissante entre les Eglises en Europe», fruit d’une coopération entre la KEK et le Conseil des Conférences épiscopales d’Europe (CCEE). La Charta Oecumenica a été conçue en 1997, au cours du 2e Rassemblement oecuménique européen de Graz, en Autriche. Elle a été lancée officiellement à Strasbourg en 2001.
Prendre au sérieux les partenariats oecuméniques existants
Le pasteur Clements faisait partie des trois représentants de la KEK ayant participé en tant que délégués fraternels au Synode des évêques sur l’Europe à Rome. Il a écrit cette lettre également au nom des autres délégués, l’archiprêtre Veikko Purmonen, de l’Eglise orthodoxe de Finlande, et le professeur Reinhard Frieling, de l’Eglise évangélique d’Allemagne.
Le secrétaire général de la KEK remarque que l’exhortation apostolique post-synodale «Ecclesia in Europa» a été rendue publique au moment de la 12ème Assemblée générale de la KEK, organisée à Trondheim en Norvège sur le thème «Jésus-Christ guérit et réconcilie – Notre témoignage en Europe». Un thème qui, «à bien des égards, était très proche de celui du Synode spécial: Jésus-Christ, vivant dans l’Eglise, Source d’espérance pour l’Europe.»
«Nous sommes convaincus, poursuit le secrétaire général de la KEK, qu’il existe de fortes résonances entre l’exhortation apostolique et les impulsions qui ont présidé au choix du thème pour l’Assemblée générale de la KEK, notamment l’appel des Eglises européennes à une confiance renouvelée en Christ, Celui qu’il convient de proclamer devant tous les peuples, par nos paroles et nos actions inspirées par le Saint Esprit».
Des oublis qui posent question
Le pasteur Clements poursuit en se félicitant «des affirmations positives formulées sur la nécessité et les possibilités de l’oecuménisme», et du fait que le pape mentionne la contribution des délégués fraternels au Synode. Mais «ce document suscite en nous certaines questions», notamment ce qui concerne l’oubli de mentionner, entre autres, la Charta Oecumenica.
«Nous comprenons fort bien et réalisons pleinement», poursuit la lettre au cardinal Kasper, «qu’un texte tel que l’exhortation apostolique du Saint Père ne donne pas de prescriptions détaillées ou ne définisse pas de programmes spécifiques à l’attention des évêques et des croyants, pour s’attacher davantage à énoncer des principes fondamentaux et des perspectives comme lignes directrices et priorités pour l’avenir. Néanmoins, il est inévitable que certains lecteurs/lectrices aient le sentiment qu’il est accordé peu de crédit aux récents développements significatifs de l’oecuménisme et aux partenariats au sein desquels l’Eglise catholique-romaine s’engage activement avec des instances comme la KEK.»
Le pasteur Clements s’exprime au nom de Conférence des Eglises européennes (KEK) – une communauté fondée en 1959 qui rassemble aujourd’hui 125 Eglises de tradition orthodoxe, protestante, anglicane et vieille- catholique de tous les pays d’Europe, ainsi que 40 organisations associées. Il dit craindre que le document du Vatican ne donne l’impression «que nos organisations oecuméniques et le travail qu’elles réalisent ne font pas partie des centres d’intérêts du Vatican – ce qui irait à l’encontre des relations très positives qui sont enregistrées sur le plan régional ou national dans de nombreux pays d’Europe». (apic/com/kek/be)




