Pour la première fois un Africain à la tête du COE

Genève: L’Afrique centre du christianisme, selon le nouveau secrétaire général du COE

Genève, le 31 août 2003 (Apic) «En termes de chiffres, l’Afrique devrait devenir le centre du christianisme au 21e siècle». C’est ce qu’a déclaré le vendredi 29 août le pasteur Sam Kobia, qui a été élu la veille nouveau secrétaire général du Conseil oecuménique des Eglises (COE). C’est la première fois qu’un Africain est nommé à la tête du COE.

Sam Kobia, un méthodiste du Kenya âgée de 56 ans, a été élu lors de la 53e session du Comité central du COE à Genève. Aux journalistes présents, il a parlé de la «croissance rapide du christianisme en Afrique, en particulier dans les Eglises indépendantes et pentecôtistes connues comme les Eglises d’institution africaine».

«De nombreuses Eglises d’institution africaine veulent nous rejoindre et nous voulons les encourager afin qu’elles puissent apporter leur contribution spirituelle et enrichir le COE ainsi que le mouvement oecuménique mondial», a-t-il dit. Sam Kobia espère que le oecuménisme comprendra davantage les catholiques romains, les pentecôtistes et les évangéliques.

Ces Eglises ont été invités à participer au colloque prévu en novembre au Liban lors duquel, a suggéré le pasteur Kobia, «nous allons, je l’espère, pouvoir discuter ouvertement des possibilités de créer une plate-forme oecuménique où ils se sentiront à l’aise en tant que membres». Un groupe mixte de travail réunit déjà des représentants du COE et du Vatican, a-t-il rappelé.

«Le COE et l’Eglise catholique romaine ont de nombreuses manières d’aborder ensemble les questions du monde», a souligné Sam Kobia en remarquant qu’un membre du personnel du COE est détaché au Vatican, et qu’il y a des représentants de l’Eglise catholique romaine au sein de Commissions Foi et constitution et Mission et évangélisation.

Solution spirituelle

Dans son discours d’acceptation prononcé le 28 août, Sam Kobia a souligné que «le 21e siècle sera caractérisé par la place centrale que la spiritualité occupera dans nos vies». «Aujourd’hui, a-t-il dit, nous vivons dans un monde dont nous constatons la rupture, un monde qui aspire à trouver un sens à la vie et à connaître la sécurité, mais qui est aussi un monde où nombreux sont les individus qui vivent des vies privées de sens et de sécurité. La solution ne peut pas être donnée par la politique ni par l’économie, pas plus que par la puissance militaire.»

Pour le pasteur Kobia, qui entrera en fonction début janvier 2004, la dignité humaine, l’intégrité de la création, et le dialogue interreligieux sont les trois thèmes qu’il considère comme prioritaires d’ici à la prochaine Assemblée générale du COE prévue en 2006 à Porto Alegre (Brésil).

Sur la question des finances, le nouveau Secrétaire général du COE a manifesté sa volonté claire de continuer les efforts entrepris par son prédécesseur, afin d’améliorer encore la stabilité financière.

Le COE au service du dialogue

Répondant à la question d’un journaliste sur certains sujets qui divisent les Eglises, comme la place de la femme en son sein ou l’accueil de pasteurs homosexuels, Sam Kobia a indiqué qu’à son avis, «le COE est actuellement le seul lieu où l’on peut se retrouver pour évoquer les expériences et discuter des questions qui se posent aux Eglises, y compris celles sur lesquelles les approches sont très différentes comme pour tout le domaine de la sexualité humaine». (apic/eni/coe/sh)

31 août 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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