Il est temps de changer, selon le métropolite Kyrill

Allemagne: Le patriarcat orthodoxe de Moscou se déclare prêt à dialoguer avec Rome

Aix-la-Chapelle, 9 septembre 2003 (Apic) Le métropolite Kyrill de Smolensk et Kaliningrad, numéro deux du patriarcat orthodoxe de Moscou, a affirmé que le temps était arrivé «de changer la situation actuelle» entre Rome et Moscou. Il s’est exprimé le 8 septembre lors de la rencontre internationale organisée par la communauté Sant’Egidio à Aix-la-Chapelle en Allemagne. Pour sa part, le cardinal Walter Kasper, chargé de l’unité des chrétiens au Vatican, a rappelé «l’urgence» d’un tel dialogue interrompu depuis plusieurs années.

«Le temps est arrivé de changer la situation actuelle entre l’Eglise orthodoxe de Moscou et l’Eglise catholique», a lancé le «ministre des Affaires étrangères» du patriarcat orthodoxe russe devant un parterre de plusieurs centaines de personnes. Il s’exprimait au cours d’une table ronde, sur le thème «Catholiques et orthodoxes: Le défi de l’oecuménisme». A ses côtés, pour la première fois depuis le refroidissement des relations entre Rome et Moscou début 2002, se trouvait le cardinal Walter Kasper, président du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens.

«Moscou est prêt à discuter», a lancé le bras droit du patriarche Alexis II, insistant sur le fait que «l’heure est venue d’affronter avec fermeté les difficultés et de mettre cartes sur table concernant les problèmes avec l’Eglise catholique». Pour le métropolite, «une fois ces difficultés dépassées, une rencontre entre le pape et le patriarche de Moscou tournera définitivement la difficile page du passé». En conclusion, comme pour prouver la bonne foi des orthodoxes, Kyrill a souligné que «si les orthodoxes étaient fermés au dialogue comme on l’a toujours dit, je ne serais pas là».

Un dialogue «urgent» entre les deux Eglises

Prenant à son tour la parole, le cardinal Kasper a rappelé «l’urgence» de l’instauration d’un tel dialogue entre les deux Eglises. «Il nous faut ouvrir nos portes aux Eglise d’Orient, non comme missionnaires ou pour les contraindre à accepter nos conditions, (.) mais à travers le dialogue», a précisé le prélat allemand. Depuis de nombreuses années, l’Eglise orthodoxe russe refuse tout dialogue avec Rome, accusant cette dernière de vouloir faire du prosélytisme en Russie. «Je suis convaincu que les problèmes se résoudront avec une bonne volonté de part et d’autre», a conclu le président du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens. «D’ailleurs, comment pourrions-nous trouver des solutions, si le dialogue n’existait pas ?». (apic/imedia/bb)

9 septembre 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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