Contexte de tension à l’intérieur de l’Unité anglicane

Rome: Première visite du nouvel archevêque de Canterbury à Jean Paul II

Rome, 9 septembre 2003 (Apic) Le nouvel archevêque anglican de Canterbury rendra visite pour la première fois à Jean Paul II, le 4 octobre 2003. C’est ce qu’a confirmé à l’Apic le Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens. La Communion anglicane vit des tensions, notamment sur l’ordination de prêtres homosexuels, qui mettent son unité en sérieux danger.

L’archevêque Rowan Williams avait succédé le 27 février dernier à George Leonard Carey, dont les relations avec le souverain pontife étaient connues pour être excellentes. L’ancien primat de la Communion anglicane avait rencontré Jean Paul II à six reprises au cours de son mandat et avait notamment été appelé par lui pour ouvrir en sa compagnie la porte sainte en 2000 .

Rowan Williams sera présent à Rome du 2 au 5 octobre. Dès le lendemain de son arrivée, il rencontrera le cardinal Walter Kasper, président du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens. Le 4 octobre, après avoir été reçu par le chef de l’Eglise catholique au Vatican, le nouvel archevêque anglican se rendra à l’église romaine Santa-Maria-sopra- Minerva où se déroulera une cérémonie oecuménique visant à installer officiellement le nouveau représentant de la Communion anglicane auprès du Vatican, John Flack.

Encore la polémique autour des femmes évêques

La rencontre entre l’archevêque de Canterbury et Jean Paul II se tiendra dans un contexte tendu pour les anglicans. Le 13 juillet dernier, en effet, le synode de l’Eglise d’Angleterre a publié un rapport autorisant plus ou moins l’ordination de prêtres homosexuels au sein de la Communion. D’autres polémiques subsistent encore après l’ordination des premières femmes prêtres dans les années 90. Aujourd’hui, la question se pose pour les femmes évêques.

Les 38 Eglises de la Communion anglicane sont divisées sur ces questions. Certaines ont même menacé l’archevêque de Canterbury de se séparer de l’Eglise d’Angleterre suite à la nomination du premier évêque homosexuel, Gene Robinson, en août dernier. Pour tenter de trouver une solution à la crise, l’archevêque Williams a convoqué une réunion de tous les évêques anglicans, les 15 et 16 octobre, afin de discuter «la manière de préserver l’unité et le respect» au sein de la Communion.

Un dialogue relancé par Paul VI et l’archevêque Ramsey

Le dialogue entre catholiques et anglicans a commencé officiellement en 1970 à la suite de la rencontre entre l’archevêque de Canterbury de l’époque, Michael Ramsey, et le pape Paul VI, en mars 1966. L’admission des femmes au sacerdoce dans l’Eglise anglicane et la question du rôle et de l’autorité du pape sont les obstacles majeurs au dialogue entre les deux Eglises, malgré de bons rapports généraux.

La séparation de l’Eglise d’Angleterre d’avec Rome remonte au XVIe siècle, lorsque le pape Clément VII, refusa de prononcer la nullité de mariage du roi Henri VIII. Ce dernier se fit alors proclamer chef de cette Eglise par l’assemblée de son clergé, en 1531.

Aujourd’hui, les diverses Eglises anglicanes, principalement présentes en Angleterre, aux Etats-Unis, au Canada, en Australie et en Afrique, sont autonomes, mais elles sont réunies officiellement sous le nom de Communion anglicane. Leur chef spirituel «symbolique» est l’archevêque de Canterbury. Chaque Eglise locale est en droit de décider de ses règles, comme, par exemple, de l’ordination de femmes prêtres. Le nouvel archevêque Williams est un défenseur du sacerdoce féminin. (apic/imedia/bb)

9 septembre 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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