Rome: Le Vatican se distancie de l’éloge de Castrillon Hoyos sur la «Passion» de Mel Gibson

Une opinion «purement personnelle» selon Walter Kasper

Rome, 29 septembre 2003 (Apic) Le cardinal Walter Kasper, président du Conseil pontificat pour la promotion de l’unité des chrétiens, a déclaré que l’éloge du cardinal Dario Castrillon Hoyos sur la controversée «Passion» réalisée par Mel Gibson n’est qu’une opinion «purement personnelle.»

Cette prise de distance vaticane a été transmise par écrit à la «Ligue anti-diffamation», une influente organisation juive aux Etats-Unis. Le cardinal Kasper souligne que les appréciations élogieuses de Mgr Castrillon Hoyos de même que celles également positives de l’archevêque John Foley ne sont «en rien représentatives d’une prise de position officielle du Vatican».

Le président de la Commission pour les relations religieuse avec les juifs précise en outre que le Vatican ne se prononcera pas tant que le film ne sera pas diffusé dans sa version définitive.

Selon l’édition en ligne du 29 septembre du journal «Forward» (presse juive américaine), la prise de position de Walter Kasper est une conséquence directe de la polémique provoquée par les propos de Mgr Castrillon Hyos.

Initialement, toujours d’après «Forward», le cardinal Kasper avait estimé que le film controversé était un problème américain et devait le rester. En présence de l’ambassadeur d’Israël auprès du Saint-Siège, Samuel Haddas, Mgr Kasper avait souligné qu’il appartenait à la Conférence épiscopale des Etats-Unis de prendre position.

Mort de Jésus et responsabilité collective des juifs au coeur de la polémique

Le concile Vatican II a clairement supprimé la notion de «responsabilité collective» des juifs en ce qui concerne la mort de Jésus Christ. Selon des critiques juives et chrétiennes, le film de Mel Gibson, un catholique traditionaliste qui rejette Vatican II, présenterait la crucifixion comme provoquée par un complot des autorités juives de l’époque.

Mel Gibson qui se défend de tout antisémitisme a déclaré au journal «New Yorker» être persécuté «comme Jésus» pour avoir réalisé ce film. Il assure avoir coupé certaines scènes trop sujettes à polémique et a déclaré l’avoir fait par crainte pour sa sécurité. (apic/cns/forward/sh)

29 septembre 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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