Enseignants et cocaleros se joignent au mouvement
Bolivie: Affrontements contre le gouvernement
La Paz, 1er octobre 2003 (Apic) Les enseignants et les cocaleros ont adhéré mardi officiellement à la grève générale proclamée par la Centrale Ouvrière de Bolivie (COB).
Cette grève est née pour protester contre le projet du gouvernement guidé par le président Gonzalo Sanchez de Lozada d’exporter du gaz bolivien brut au Mexique et aux Etats-Unis (en Californie). Elle a ensuite revêtu le caractère d’une protestation généralisée contre le «modèle économique courant», a commenté José Luis Alvarez, leader du plus grand syndicat public, celui des enseignants.
La revendication d’une amélioration des conditions sociales du pays est également à l’origine de la participation des cocaleros à la protestation. Evo Morales, leader de l’opposition et du Mouvement Au Socialisme (MAS), mais aussi représentant des planteurs de coca et député, a également tenu à souligner la gravité du choix d’exporter du gaz brut en passant par le Chili dont le port de transition, Patillos, a été arraché à la Bolivie en 1879 au terme d’une guerre remportée par Santiago.
L’entrée de nouvelles forces parmi les manifestants a rendu mardi la situation encore plus tendue par rapport aux jours précédents à La Paz, désormais isolée du reste du pays, dont le centre a été envahi par les mécontents. La grande ville andine a vécu des instants de forte tension notamment quand la police a repoussé, en lançant des gaz lacrymogènes, un groupe de vendeurs ambulants qui portaient des écriteaux tels «Travail et pain» ou «Ne vendez pas le gaz».
Le palais présidentiel est désormais constamment protégé par des rangées de policiers anti-soulèvement. Le président Sanchez de Lozada a cependant déclaré mardi ne pas avoir «l’intention d’accepter les demandes de démission avancées par les manifestants» et de «vouloir porter à terme mon mandat de 5 ans», qui arrivera à échéance en août 2007.
Leaders ignorés
Le chef d’Etat a déclaré en même temps ne pas considérer le leader des paysans (qui ont lancé la protestation il y a deux semaines dans la ville de Warisata, à 80 kilomètres de la Paz), Felipe Quispe (dit El Mallku) et Jaimes Solres, secrétaire exécutif de la COB, comme des «interlocuteurs valables».
Le gouvernement de La Paz, qui dément les rumeurs à propos de la proclamation de l’Etat d’urgence, a réaffirmé l’importance pour le pays de l’accord commercial de vente du gaz brut, «qui laisse ouverte la voie vers le riche marché de la Californie». (apic/misna/pr)




