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Sénégal: Ouverture à Dakar de la 13e Assemblée plénière du Sceam

Dakar, 2 octobre 2003 (Apic) Quelque 150 cardinaux, archevêques et évêques, présidents et délégués de Conférences épiscopales nationales et régionales d’Afrique ont entamé mercredi à Dakar, les assises de la 13e Assemblée plénière du Symposium des Conférences Episcopales d’Afrique et de Madagascar (Sceam).

Cette organisation a été créée en 1969 à Kampala, en Ouganda – elle est aujourd’hui basé à Accra (Ghana) -, à l’appel du pape Paul VI. Les participants, venus des différentes parties de l’Afrique noire, se pencheront jusqu’au 12 octobre prochain, sur la restructuration du Sceam, le pandémie du sida et l’esclavage.

Dans un message aux participants, le pape Jean Paul II a demandé aux évêques africains de se rapprocher davantage de leurs fidèles. Mgr Robert Sarah, secrétaire général de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples, a préconisé, lors d’une intervention à l’ouverture, la création d’une Commission pour l’évangélisation ou Commission pour la Mission pour l’Afrique. Elle aurait pour but d’organiser régulièrement des congrès missionnaires dans le continent, à l’instar de ce qui se fait en Amérique latine.

«Comme évêques, nous devons travailler à ce que chaque africain connaisse et rencontre personnellement Jésus Christ», a déclaré Mgr Sarah en ouvrant les travaux de cette 13e Assemblée. L’ancien archevêque de Conakry a en outre appelé à une solidarité de l’Eglise en Afrique, «continent saturé de problèmes, terre des guerres oubliées et des morts inconnus et sans nombre». Selon lui, en Afrique, l’Eglise fait partie de l’histoire du continent. Elle a enrichi l’Afrique de sa spiritualité. A son tour, ce continent a enrichi l’Eglise de ses valeurs culturelles et religieuse.

Nécessaire restructuration

Mgr Laurent Monsengwo, archevêque de Kisangani et président en exercice du Sceam, a pour sa part, mis l’accent sur la restructuration de l’organisation. Cette restructuration est l’un des points principaux de la rencontre de Dakar. Si elle a eu lieu, elle permettra à l’organisation de s’adapter aux réalités du monde. Elle donnera à l’Eglise catholique d’Afrique de parler d’une seule voix «prophétique et audible» dans les différents domaines de l’inculturation, du dialogue, de la justice et paix, entre autres.

Durant la session, il sera aussi essentiellement question de la pandémie du sida. Cette maladie «n’est pas seulement un problème médical pour les pasteurs africains, elle est aussi un grand problème pastoral, dans sa prévention et dans son traitement autant que dans l’accompagnement humain et spirituel des malades», a souligné Mgr Monsengwo.

Le président en exercice du Sceam a également dénoncé la longue traite de l’esclavage des noirs à Gorée, île située à 3 km aux larges de Dakar. C’est l’une des cinq raisons de la tenue de la Conférence à Dakar, a- t-il dit. «Nous voulions venir ici faire une purification de la mémoire à Gorée, pour demander pardon au Seigneur, pour la part des africains dans irresponsabilité de la tragédie de l’esclavage». A ce sujet, les participants organiseront dimanche 5 octobre une cérémonie de prière du pardon à Gorée.

Délégations musulmanes et protestantes

Mgr Théodore Adrien Sarr, archevêque de Dakar et hôte de la conférence, a salué le rôle du Sceam. «Institution privilégiée», il offre périodiquement aux évêques du continent et des îles adjacentes les occasions de faire l’expérience de la fraternité évangélique, de la collégialité et de la communion ecclésiale comme au sein d’une famille, a-t- il dit.

Des délégations de musulmans, de protestants et de partis politiques au Sénégal ont assisté à la séance d’ouverture des travaux. A noter que le gouvernement et des hommes politiques du pays ont contribué financièrement à l’organisation de la Conférence. L’Etat sénégalais a notamment pris en charge le coût de la location du complexe hôtelier pour la tenue des travaux.

De nombreuses délégations étrangères participent à cette session: des membres de la Curie romaine, des représentants d’organisations religieuses et caritatives internationales, des experts venus des Etats-Unis ou encore d’Allemagne. (apic/ibs/pr)

2 octobre 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
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