Estonie: Visite du patriarche de Moscou Alexis II à Tallinn

Un pas vers «la normalisation des relations» avec la Russie

Tallinn/Sofia, 3 octobre 2003 (Apic) La visite du patriarche de Moscou Alexis II en Estonie – d’où il est originaire – représente un pas vers «la normalisation des relations» de la Russie avec ce petit pays balte qui va rejoindre l’Union européenne l’an prochain.

La visite officielle de cinq jours en Estonie revêt une signification toute particulière pour le patriarche orthodoxe russe Alexis II, dont les parents sont enterrés à Tallinn, la capitale de cet Etat balte, où il n’avait pu se rendre depuis une dizaine d’années. Avant ce voyage, certains conflits politico-religieux aux relents nationalistes ont pu être réglés, notent les observateurs.

En émissaire de tous les Russes

L’Estonie, qui compte 1,4 million d’habitants et rejoindra l’Union européenne en 2004, a eu plusieurs différends avec la Russie sur un certain nombre de questions depuis son accession à l’indépendance en 1991 après la chute du régime soviétique. «C’est une sorte de pas vers la normalisation des relations entre l’Estonie et la Russie», remarque Marko Mihkelson. Président de la Commission parlementaire des relations extérieures de l’Estonie, il traduisait ainsi le sentiment que le patriarche Alexis II était venu en émissaire de tous les Russes, rapporte l’agence oecuménique ENI basée à Genève.

Durant la visite officielle, qui a commencé le 25 septembre, le patriarche Alexis a célébré un service de requiem pour ses parents. Né et élevé en Estonie, le patriarche a été pendant près de 30 ans évêque orthodoxe russe de Tallinn. En avril 2002, les autorités estoniennes ont accepté de reconnaître l’Eglise orthodoxe d’Estonie du Patriarcat de Moscou, la deuxième Eglise du pays avec 100’000 membres. Le patriarche Alexis II a dit espérer que «les problèmes concernant les biens du Patriarcat de Moscou en Estonie seront réglés».

Deux Eglises orthodoxes selon la nationalité

Les relations avec le Patriarcat de Moscou s’étaient détériorées en 1996 lorsque les orthodoxes d’origine estonienne ont décidé de se placer sous la juridiction du Patriarcat oecuménique de Constantinople, qui se trouve en Turquie, dirigé par le patriarche Bartholomée ler. Les Russes de souche, soit un tiers de la population estonienne, sont restés fidèles au Patriarcat de Moscou.

Le 26 septembre, le patriarche Alexis II a rencontré le Premier ministre estonien Yuhan Parts, à qui il a demandé de garantir l’égalité des droits pour tous les croyants dans le pays, sans tenir compte des différences nationales, culturelles et linguistiques. Le patriarche Alexis II s’est dit satisfait de la reconnaissance accordée à l’Eglise orthodoxe d’Estonie du Patriarcat de Moscou, en qualifiant de «grande erreur» de la part des autorités estoniennes la période durant laquelle l’Eglise n’était pas reconnue.

Alexis II a remercié tous ceux qui avaient prié avec lui pour l’âme de ses parents, l’archiprêtre Mikhail et Yelena Iosifovna. Il a rappelé que durant le service célébré après leur mort, il avait été impossible de placer des croix sur leurs tombes car, «en ces temps difficiles, les tombes des chrétiens pouvaient être détruites». C’est pourquoi le fait de n’avoir pu venir en Estonie se recueillir sur les tombes de ses parents «avait été pour lui un lourd fardeau». (apic/eni/be)

3 octobre 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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