1.1.2.1 Le calendrier n’est pas trop serré : il risque même d’être dépassé
1.1.2 Genève : La planification pastorale a été le thème central du Forum diocésain
Bernard Bovigny, agence Apic
Genève, 5 octobre 2003 (Apic) La mise en place des unités pastorales entre 2004 et 2010 n’est pas trop précipitée. « Je crains même qu’elle soit rapidement dépassé », a affirmé devant la presse Mgr Rémy Berchier, vicaire général du diocèse.
La mise en place des nouvelles unités pastorales a été commentée devant la presse le 4 octobre à la Basilique Notre Dame à Genève par Mgr Rémy Berchier, président de la commission de planification diocésaine, et Nicolas Betticher, chancelier et attaché de presse à l’évêché. Ce dernier a insisté sur la consultation qui accompagnera la mise en place des unités pastorales. Il n’est pas question pour l’évêque d’imposer des unités qui ne correspondent pas aux voeux des fidèles. C’est la raison pour laquelle le document annonçant ces nouvelles mesures a été remis sur place aux quelque 500 participants au Forum diocésain et sera envoyé lundi aux agents pastoraux, conseils pastoraux et conseils paroissiaux. Mgr Rémy Berchier et Nicolas Betticher ont répondu aux questions des journalistes présents.
Q : Le document lançant la formation d’unités pastorales n’aborde pas la question de la fusion des paroisses. Or cela semble vital qu’il n’y ait qu’un seul conseil paroissial dans ces unités .
Rémy Berchier : La question des fusions de paroisses diffère beaucoup d’un canton à l’autre. Sur Fribourg, elle est très aiguë. Mais là, c’est un problème à régler d’abord au niveau de la Corporation ecclésiastique cantonale. Nous l’avons volontairement laissé de côté dans notre document, mais il est clair que l’idéal serait d’avoir un seul conseil paroissial par unité.
Q : Quand sera établie la carte définitive des nouvelles unités pastorales ?
R.B : Le projet de répartition géographique sera mis en consultation du 15 octobre 2003 au 15 janvier 2004. En été prochain, le nouveau découpage sera définitif. Mais la mise en place sera effectuée entre 2004 et 2010.
Q : Tout cela n’est-il pas un peu rapide ? Les prêtres et les fidèles du diocèse seront-ils vraiment prêts ?
R.B : Pour ma part, j’ai plutôt peur qu’en 2010 on doive à nouveau entreprendre une restructuration. L’expérience montre que les changements, notamment au niveau des forces pastorales et de la vie des communautés paroissiales, sont toujours très rapides.
Q : Finalement, c’est le manque de prêtres qui a permis la collaboration avec les laïcs et provoqué ces changements .
R.B : Notre réflexion n’est pas basée sur une « théologie du manque », mais il est vrai que la diminution du nombre de prêtres nous force à inventer d’autres structures. Je relève que la transformation touche également la place de l’Eglise dans la société. Elle n’y est plus omniprésente. Elle doit maintenant proposer la foi, sans chercher à couvrir tous les domaines de la vie communautaire.
Nicolas Betticher: Je relève pour ma part que notre projet entre dans la dynamique de Vatican II, du Synode diocésain 72, et de AD 2000, qui ont tous insisté sur la collaboration entre prêtres et laïcs. Selon le canon 517-2 du code de droit canonique, le prêtre porte les charges de l’enseignement (catéchèse), de la sanctification (sacrements), de la communion (rassemblement de la communauté) et de la diaconie (entraide). Dans les équipes pastorales, les laïcs participent au ministère du prêtre et portent ces charges avec lui. Ils accomplissent de véritables responsabilités au service de l’Eglise.
Q : Les prêtres ont-ils tous compris cela ?
R.B : Pas tous en effet. Il est urgent de se former à la complémentarité des ministères et de soigner l’information.
Q : Dans les régions urbaines du diocèse voisin, celui de Bâle, la plupart des paroisses sont confiées à des « Gemeindeleiter » (laïcs responsables de communautés). En formant des grandes équipes pastorales avec au moins un prêtre, le diocèse cherche à éviter de nommer des laïcs à la tête des paroisses .
N.B : Notre évêque a été interpellé sur cette question par la partie alémanique du diocèse. Des laïcs responsables de paroisses auront chez nous la dénomination de « Pfarreibeauftragter ». En français : laïc en charge d’une paroisse. Cela existe déjà dans notre diocèse. Une paroisse de la Gruyère est confiée plus particulièrement à un assistant pastoral, relié il est vrai à une équipe où se trouvent des prêtres.
Q : Et quelle est la place des communautés linguistiques dans la restructuration diocésaine ?
R.B : Il est vrai que sur 620’000 catholiques, près d’un tiers appartiennent à une communauté linguistique, les plus importantes étant les italophones, les portugais et les hispanophones. Une discussion séparée sera menée avec ces communautés. Une expérience sur Genève me semble intéressante. La pastorale de ces trois missions linguistiques a été confiée à une seule communauté religieuse. Il faudra voir si cette expérience peut s’étendre dans les autres cantons. (apic/bb)




