Rencontre avec la presse

Rome: Mgr Philippe Barbarin, futur cardinal, sera avant tout le pasteur de son diocèse

Rome, 20 octobre 2003 (Apic) Mgr Philippe Barbarin, archevêque de Lyon et primat des Gaules est arrivé à Rome le 20 octobre au matin, à la veille de son élévation au rang de cardinal par Jean Paul II. Il était invité à l’Assemblée extraordinaire des cardinaux, patriarches et évêques qui s’est déroulée ces derniers jours au Vatican, mais il a souhaité rester avec les fidèles de son diocèse pour fêter avec eux les 25 ans du pontificat. Dans une rencontre avec la presse, il a expliqué ce choix et présenté prudemment son point de vue sur les incontournables questions du moment.

Devant le journaliste présent au séminaire français de Rome, Mgr Barbarin a déclaré «à Lyon, un très beau programme avait été prévu pour les 25 ans de Jean Paul II. Je pouvais renoncer à tout cela. Supposons que le consistoire ait eu lieu jeudi ou vendredi dernier, évidemment je venais. On m’a fait savoir que ma présence n’était pas nécessaire et j’ai souhaité être présent pour un envoi en mission dans mon diocèse». «Un évêque est d’abord pasteur dans son diocèse. Encore une fois, si on m’avait dit que c’était indispensable, je serai venu». «La présence dans mon diocèse, a-t-il ajouté, est la première chose qui m’est demandée».

Et la santé du pape?

Interrogé sur la santé du Pape, le futur cardinal a souligné que pour lui, ce thème était, «hors sujet». «Que dois-je faire ? Prier et connaître mes frères. Je connais très peu de cardinaux. J’ai envie de les connaître». Quant à risquer une analyse du prochain conclave, Mgr Barbarin a affirmé, «il vous est possible de me poser cette question, mais il ne m’est pas possible de vous répondre. Je n’ai aucune idée sur ce sujet, ni sur la manière dont cela va se passer».

Il a cependant ajouté, «Jean Paul II a montré, dans une continuité avec la tradition, qu’elle était vivante et qu’elle ouvrait une foule de chemins nouveaux. Dans le domaine de l’interreligieux, dans l’engagement pour la paix, pour le tiers-monde, dans la défense de la vie profondément menacée, il s’est engagé conformément à la tradition mais d’une façon tout à fait nouvelle».

Interrogé sur les nécessités d’une «pause» après Jean Paul II, Mgr Barbarin a expliqué que «l’Evangile ne nous laissera jamais en paix». «Ce genre de raisonnement ne tient pas. C’est le Seigneur et pas le serviteur qui nous intéresse. Regardez le pontificat de Pie XII qui avait traité de tous les sujets. Et le pape suivant, Jean XXIII, a tout renouvelé en convoquant le Concile Vatican II, alors qu’on le considérait comme un pape de transition. Vous savez le Saint-Esprit a plus d’un tour dans son sac». «Nous sommes prêts pour cela», a-t-il ajouté à propos d’un éventuel pape du tiers-monde.

A propos du consistoire et de la création de nouveaux cardinaux, Mgr Barbarin a affirmé, «on voit que cet homme là (Jean Paul II), n’a peur de rien. Malgré sa vieillesse, il ne se recroqueville pas. Il est entré dans une mosquée à 81 ans, il écrit une encyclique sur l’Eucharistie à 83 ans, il transforme la prière du Rosaire, il fait «péter les scores» en nommant 30 cardinaux… C’est un homme libre qui va toujours de l’avant. Le jour où il quittera la scène, il le fera en douceur en disant, allez de l’avant !».

En soutane comme en pyjama

Interrogé sur sa «garde robe» de cardinal, Mgr Barbarin a plaisanté, «j’ai ma robe, tout est prêt. Si vous voulez, le diocèse de Lyon a vécu une assez grande souffrance, et comme mes trois derniers prédécesseurs sont morts avant de les user, il y a surcroît de vêtements de ce style. J’avais donc tout ce qui me convenait, en abondance». «Entre la liberté et la soutane, a- t-il encore plaisanté, il n’y a aucune antinomie. Je conserve toute ma liberté en soutane ou en pyjama». (apic/imedia/sh)

20 octobre 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
Partagez!