Il y a une seule Eglise catholique en Chine

Rome: Le cardinal Etchegaray a rédigé un livre sur les rapports entre Pékin et le Vatican

Rome, 29 octobre 2003 (Apic) Pour le cardinal Roger Etchegaray, il n’existe pas deux Eglises catholiques en Chine, l’une patriotique et l’autre souterraine, mais bien deux faces d’une même communauté. C’est ce qu’il a affirmé lors de la présentation de son nouveau livre sur les relations entre la Chine et la Vatican.

A l’occasion de la présentation de son ouvrage à l’université jésuite Grégorienne, le 28 octobre au soir, le cardinal Roger Etchegaray, spécialiste de la Chine et ancien président du Conseil Justice et Paix a affirmé : «Il n’y a pas une Eglise patriotique et une Eglise clandestine, l’une légale et l’autre protestataire». Il s’agit pour lui de «deux faces d’une même communauté qui s’efforce d’être fidèle et en même temps qui s’efforce d’être patriotique».

Sans faire directement allusion aux récentes arrestations de prêtres et de séminaristes de l’Eglise clandestine, le cardinal Etchegaray a reconnu les malentendus et les faux pas entre le Vatican et la République populaire de Chine. Il a souhaité que cessent les «tracasseries», voire les «persécutions».

Par malentendus et faux pas, le cardinal pouvait, en autre, faire allusion à la canonisation, le 1er octobre 2000 (anniversaire de la fondation de la République populaire de Chine), de 120 martyrs de Chine, victimes des persécutions anti-catholiques entre 1648 et 1930. Par ailleurs, le 6 janvier 2000, 5 évêques avaient été consacrés à Pékin, sans l’aval du Vatican, alors que Jean Paul II avait lui-même procédé à des consécrations épiscopales le jour de la fête de l’épiphanie dans la basilique Saint-Pierre.

L’homme de confiance des missions diplomatiques privées

Le cardinal Etchegaray, homme de confiance des missions diplomatiques privées de Jean Paul II, s’est rendu en Chine pour la dernière fois du 22 septembre aux premiers jours d’octobre 2003 pour un voyage qui avait comme objectif officiel de rendre hommage à la figure d’un missionnaire français, le père Armand David, scientifique «découvreur» du Panda au 19e siècle. Le cardinal Etchegaray et le père Armand David sont originaires du même village du Pays-Basque français, Espelette.

Après un passage à Pékin, il s’est rendu dans le village de Ya’an, situé au sud-ouest de Sheng Dou, capitale de la province du Sichouan. Il était l’invité officiel des célébrations de la fête nationale de la République populaire de Chine, le 1er octobre. Le cardinal Etchegaray est un des artisans privilégiés de l’instauration des relations bilatérales entre le Saint-Siège et la Chine. SR

Encadré:

Le cardinal Etchegaray lauréat du Prix italien Raoul Follereau 2003

Le cardinal Roger Etchegaray, président émérite du conseil pontifical Justice et Paix, est lauréat du Prix Raoul Follereau 2003.

L’Association italienne des Amis de Raoul Follereau (AIFO) a conclu dimanche 19 octobre à Rocca di Papa, à une trentaine de kilomètres de Rome, son congrès annuel sur le thème: «Un seul ciel pour le monde entier. Aimer et participer pour voler en altitude». Les vainqueurs du Prix 2003 sont, pour la section de la paix, le cardinal Roger Etchegaray, pour la sauvegarde des droits, le «Peoples Health Movement» et pour l’Information, l’agence de presse missionnaire italienne Misna.

(apic/imedia/zenit/bb)

29 octobre 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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