Le Christianisme est une force pour l’unité de l’Europe
Bruxelles: Session de la COMECE consacrée à l’Europe
Bruxelles, 2 novembre 2003 (Apic) Les évêques de la COMECE (Commission des épiscopats de la Communauté européenne) ont renouvelé leur exigence de voir figurer dans la nouvelle Constitution européenne une référence aux racines chrétiennes de l’Europe. Tout au long de l’histoire, la foi chrétienne a aidé à unir l’Europe, et aujourd’hui, elle peut encore être une force pour son unité, ont-ils estimé au cours de leurs travaux lors leur Assemblée plénière à Bruxelles, les 30 et 31 octobre 2003.
Dans une déclaration publiée à l’issue de la session, les évêques relèvent avoir été unanimes pour accueillir favorablement le projet dans son ensemble. Ils considèrent qu’une conclusion positive de la Conférence Intergouvernementale est non seulement souhaitable mais aussi possible. Ils ont pris connaissance de la manière dont les questions religieuses ont été prises en compte et ont salué la place qu’on leur a réservé dans celui-ci, notamment l’article 51.
Les évêques des anciens et futurs Etats membres de l’Union européenne ont cependant renouvelé leur appel aux participants de la Conférence Intergouvernementale pour une référence au christianisme dans le préambule du traité. Ils ont salué la valeur positive d’une telle mention pour l’avenir de l’Europe. «Reconnaître l’importance des racines chrétiennes pour l’Europe revient à constater une vérité historique et ceci ne diminue en rien l’apport d’autres traditions religieuses ou de pensées, elles aussi, clairement mentionnées dans le préambule. Le fait de se référer au christianisme et à son importance ne revient pas à récupérer l’héritage de l’Europe par une seule religion. Ceci ne remettrait en question ni la distinction entre Eglise et Etat, ni la neutralité des institutions européennes, puisque l’Église catholique les soutient sans restriction».
Lors d’un débat public organisé à l’occasion de la réunion plénière, le cardinal Godfried Danneels, archevêque de Malines-Bruxelles, Pierre Morel, ambassadeur de la France auprès du Saint-Siège, ont débattu sur «Ecclesia in Europa», l’Exhortation apostolique du pape Jean Paul II sur l’Eglise en Europe, publiée en juin de cette année.
Position française
«Le rôle du Christianisme dans la formation de l’Europe est un fait historique indéniable», a dit le cardinal Danneels. «Si l’on nie ce rôle, on le fait pour des raisons idéologiques», a-t-il estimé. «Même si toutes les valeurs que nous avons en commun ne sont pas exclusivement chrétiennes, elles sont toutes passées par le moule du christianisme».
La position de la France envers une référence au christianisme dans le projet de Constitution de l’Union Européenne «n’est pas négative mais prudente», a pour sa part commenté l’ambassadeur Pierre Morel «Les demandes pour une mention spécifique des sources chrétiennes suscitent des demandes concernant d’autres sources et l’on entre alors dans un délicat arbitrage: ou bien une énumération des différentes sources, ce qui neutraliserait la contribution du christianisme, ou bien une sélection qui mènerait à des débats sans fin». Selon l’ambassadeur, la France a accueilli l’article 51 de l’actuel projet de Constitution sur le statut des Églises et des organisations religieuses, qui représente «une avancée majeure … sans précédent ni équivalent dans la législation française ou européenne».
L’Europe et ses voisins
Les évêques ont enfin discuté des relations entre l’Union européenne et ses nouveaux voisins suite à l’adhésion de 10 nouveaux Etats membres le 1er mai 2004.
A propos des pays du Proche Orient et d’Afrique du Nord, les évêques ont salué les projets de la Commission visant à promouvoir le dialogue entre les cultures et les religions. Ils demanderont à la Commission d’assurer, par respect du principe de subsidiarité, que les représentants des trois principales religions monothéistes aient une place propre et autonome dans ce dialogue.
A Compostelle
En avril 2004, pour marquer l’adhésion de 10 nouveaux Etats membres et l’adoption de la Constitution Européenne, la COMECE projette d’organiser une série d’évènements centrés à Saint-Jacques-de-Compostelle. Au cours de l’Assemblée plénière, les évêques ont discuté du projet de pèlerinage du 17 au 24 avril 2004 de Santo Domingo de Silos à Saint-Jacques, en suivant la route empruntée par les pèlerins d’Europe depuis des siècles. Près de 300 pèlerins, des représentants des différentes Eglises mais aussi des institutions politiques de l’Union, vont traverser à pied et en bus les villes de Burgos, León et d’autres.
Les 22 et 23 avril 2004 enfin, les évêques tiendront un congrès européen à Compostelle. Ce rendez-vous se terminera par l’assemblée plénière de printemps de la COMECE, le 24 avril 2004, au cours de laquelle les délégués des Conférences épiscopales des Etats adhérents seront officiellement accueillis comme membres à part entière de la COMECE.
La COMECE est une commission des Conférences épiscopales catholiques des Etats membres de l’Union européenne. Les Conférences épiscopales de la République tchèque, de Hongrie, de Lituanie, de Malte, de Pologne, de Slovaquie, de Slovénie et de Suisse sont des membres associés. (apic/com/pr)




