Allemagne: Des prêtres de Berlin demandent une intervention du Vatican dans leur diocèse

«Perte de confiance envers le cardinal Sterzinsky»

Berlin, 7 novembre 2003 (Apic) Un groupe de prêtres et de collaborateurs laïcs ont demandé au Vatican d’intervenir dans leur archidiocèse de Berlin. Les 15 signataires d’une lettre critiquent sévèrement leur archevêque, le cardinal Georg Sterzinsky. Sa responsabilité de «pasteur de l’Eglise, successeur des apôtres et annonciateur de l’évangile» n’est «presque plus perceptible», soutiennent-ils.

Soulignant leur «grande perte de confiance» envers Mgr Sterzinsky, ils demandent à la direction de l’Eglise à Rome d’envoyer un visiteur apostolique «qui aide l’archevêque à prendre les décisions nécessaires». Endetté à hauteur de 228 millions de francs à fin 2002, l’archidiocèse de Berlin a annoncé en juin qu’il supprimerait 400 de ses 2’700 postes plein- temps. Les signataires reprochent notamment au cardinal Sterzinsky de gérer cette crise sans égard envers les concernés.

La lettre a été adressée au Préfet de la Congrégation pour les évêques, le cardinal Giovanni Battista Re. Elle est signée de huit curés, un prêtre à la retraite, un chapelain, un diacre, trois laïcs responsables de communautés et une professeur de religion. Des copies ont été envoyées au nonce apostolique, l’archevêque Giovanni Lajolo, au président de la Conférence épiscopale, le cardinal Karl Lehmann, ainsi qu’à Mgr Josef Homeyer, chargé de gérer le fonds d’aide à l’archidiocèse de Berlin.

Résignation, découragement, méfiance et colère

Selon les auteurs de la lettre, la crise financière traversée par l’archidiocèse de Berlin et les mesures de consolidation qui s’en ont suivi ont entraîné «une grande perte de confiance envers l’évêque et la direction de l’archevêché chez les prêtres, les agents pastoraux laïcs et dans de nombreuses paroisses». Des décisions sont venues d’en haut, «sans respecter les devoirs sociaux envers les collaborateurs, sans la participation des croyants ou même sans observer le mandat originaire de l’Eglise». Cela a entraîné, selon les 15 signataires, résignation et découragement, méfiance et colère, et même parfois de la calomnie. Ce comportement de l’Eglise est considéré comme «un grand scandale, aussi bien à l’égard des croyants, qu’envers ceux de l’extérieur qui portent un regard critique sur nous».

Le cardinal Sterzinsky, selon son porte-parole Stefan Förner, déplore «que la lettre ait été envoyée à Rome avant que les signataires en aient parlé avec lui». Certains des reproches, injustifiés, auraient alors été abandonnés «. Le cardinal Sterzinsky est «en discussion avec les auteurs de la lettre», selon son porte-parole.

L’archevêque de Berlin soutient pour sa part que le licenciement de collaborateurs a été «très bien accompagné d’un plan social généreux». Le processus rendu nécessaire par la crise financière a été soutenu par les responsables des communautés. Le cardinal Sterzinsky cherchera à dialoguer avec les responsables de la pastorale lors de la Conférence annuelle des prêtres qui se déroulera fin novembre. (apic/kna/wm/bb)

7 novembre 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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