Le mur dessine inexorablement une géographie d’apartheid

Jérusalem: Le cardinal Etchegaray dénonce avec force le mur de séparation israélien

Jérusalem, 12 novembre 2003 (Apic) Le cardinal français Roger Etchegaray dénonce avec des mots très forts le mur de séparation qu’Israël construit en passant essentiellement à l’intérieur du territoire palestinien. L’ancien président du Conseil pontifical «Justice et Paix», dans une déclaration rédigée au retour d’un séjour à Jérusalem, rappelle que cette haute muraille «dessine inexorablement une géographie d’apartheid qui excite plus qu’elle ne maîtrise la violence».

Dans ce même texte, le cardinal français se réjouit par ailleurs de l’ordination de Mgr Jean-Baptiste Gourion comme auxiliaire du patriarche latin de Jérusalem pour la minuscule communauté catholique d’expression hébraïque. Jean-Baptiste Gourion est Abbé de l’Abbaye bénédictine de la Résurrection à Abu Gosh, à quelques kilomètres à l’ouest de Jérusalem.

«Dans tout le pays, une barrière de séparation déjà longue de 150 kilomètres dessine inexorablement une géographie d’apartheid qui excite plus qu’elle ne maîtrise la violence, lacérant un tissu humain avec de graves conséquences sociales, économiques, éducatives et sanitaires», affirme l’ancien président du Conseil pontifical «Justice et Paix.»

Aller aux racines du terrorisme

«La lutte contre un terrorisme exige, pour aller jusqu’à ses racines, la collaboration obstinée et loyale entre deux peuples à la recherche d’une même paix. Et les raisons de paix sont plus pressantes en Terre Sainte parce qu’elles doivent s’y nourrir de la vision messianique ou justice et paix s’embrassent pour le bonheur de tous, comme le chante un psaume davidique».

Le cardinal Etchegaray était invité à Jérusalem par le patriarche latin de Jérusalem Michel Sabbah pour l’ordination épiscopale du Père Jean- Baptiste Gourion, le 9 novembre 2003. Le prélat souligne que cette ordination «a voulu être un grand signe donné par le pape Jean Paul II pour encourager les deux communautés catholiques d’expression hébraïque et arabe à être, ensemble, d’inlassables artisans de la paix entre Israéliens et Palestiniens». «J’ai été heureux de participer à cette célébration liturgique», confie-t-il dans la déclaration publiée par L’Osservatore Romano en date du 12 novembre.

Bethléem encerclée

«A cette occasion, précise-t-il, je me suis rendu en pèlerinage à la grotte de la Nativité du Christ à Bethléem, j’ai arpenté les sites palestiniens où l’autorité israélienne est en train d’installer une ’clôture’ dans le but de mieux sécuriser Jérusalem en encerclant Bethléem». Le cardinal déclare souscrire aux protestations de nombreux chefs d’Eglise de diverses confessions contre un projet aussi intolérable.

«Israéliens et Palestiniens, conclut le cardinal français, plus je vous rencontre sur votre propre sol ensanglanté et plus je sens à quel point vous avez besoin de paix, vous aspirez à la paix. Mais je ne sais comment le crier par dessus vos toits à tous les peuples du monde entier qui n’ont pas encore assez payé le prix de leur solidarité fraternelle avec vos souffrances et vos espoirs. Bon courage à tous ceux qui avancent sur le long chemin de la paix à coups de petits gestes de raison et de pardon». (apic/sr/imedia/be)

12 novembre 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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