Une société qui remplace l’être par l’avoir fabrique des déprimés

Rome: Clôture du congrès sur la dépression au Vatican

Rome, 16 novembre 2003 (Apic) «Nous vivons comme des fous», a constaté le docteur Dominique Megglé, en soulignant la croissance des pathologies dépressives dans les sociétés industrialisées. Le médecin psychiatre français s’est exprimé cours de l’ultime session du congrès sur la dépression organisé au Vatican du 13 au 15 novembre par le Conseil pontifical pour la pastoral de la santé.

Pour Dominique Megglé, qui est aussi président de la Confédération francophone de thérapies brèves, «une rapide liste des modifications de la société dans les décennies de l’épidémie dépressive permet de se rendre compte que la forme moderne de dépression est une dépression par privation de sens existentiel». Pour lui, «une société qui remplace l’être part l’avoir fabrique des déprimés en série». «C’est là, selon lui, que la morale retrouve toute son importance comme jamais dans l’histoire après des décennies durant laquelle elle a été méprisée». «La nécessité de ce grand retour de la morale, prêchée en direct, annoncée comme telle, sans fausse pudeur, comme une urgence de santé publique, ne devrait pas surprendre. Ainsi sera recréé un véritable lien social à partir du changement concret de comportement de chaque homme».

La «pédagogie de l’espérance chrétienne»

Intervenant une nouvelle fois le 15 novembre, le français Tony Anatrella a, quant à lui, mis l’accent sur «la dimension spirituelle à partir de laquelle une personne dépressive peut constituer et renforcer sa vie intérieure.» Soulignant l’importance de la «pédagogie de l’espérance chrétienne», il a expliqué qu’un homme «laissé seul avec son malheur et son errance, sans autre vis-à-vis qui l’appelle à se lever, à tourner son regard et à recevoir la parole de Dieu qui est amour, aura du mal à se libérer spirituellement d’une image qui le réduit à ce qu’il fait».

C’est aussi sur l’espérance chrétienne que s’est concentré le cardinal indien Ivan Dias, archevêque de Bombay, reprenant les paroles de l’apôtre Paul qui affirme «l’espérance ne déçoit pas». Pour lui, «l’image du roc de la foi et de l’espérance comme un antidote à la dépression peut s’appliquer, non seulement aux individus, mais à une société entière, à un continent». (apic/imedia/bb)

16 novembre 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
Partagez!