Irak abandonné ou solution politique imposée: chaos dans les 2 cas

Irak: Le nonce apostolique en Irak redoute les retombées de la guerre

Bagdad, 20 novembre 2003 (Apic) Abandonner l’Irak à lui-même ou lui imposer une solution politique qu’il ne reconnaît pas provoquerait le chaos, estime le nonce apostolique en Irak.

Interrogé par le quotidien italien «Corriere della Sera» en date du 20 novembre, Mgr Fernando Filoni a relève que «notre situation ne doit pas faire oublier que meurent chaque jour, non seulement des Américains, mais aussi une infinité d’Irakiens. Et l’on dépense parfois moins de paroles sur leur cas».

Selon lui, deux dangers menacent l’Irak. «Le premier consiste à dire: allons-nous en et laissons les seuls. Il en découlerait une crise terrible, impossible à affronter, parce que tous les pouvoirs ont été annulés, il ne resterait plus rien, seulement le chaos». Le second «serait d’imposer des prospectives et des solutions que les Irakiens ne reconnaissent pas».

Le problème, pour Mgr Filoni, est que l’on ne parvient pas à «voir une perspective de type politique à brève échéance, ni un projet de cohabitation civile entre les composantes éthnico-religieuses de l’Irak». En ce moment, a-t-il précisé en se faisant le porte-parole des chrétiens irakiens, il y a une crise de pouvoir. «Aucun pays se trouvant dans une situation d’occupation ne considère comme représentative l’autorité d’occupation».

Le nonce regrette enfin l’absence «d’un guide ou d’un leader qui parle en tant qu’Irakien aux Irakiens». Soulignant la situation dramatique dans laquelle vivent les Irakiens, il précise que «le peuple irakien n’avait pas l’idée du suicide élaboré par les franges extrémistes au Liban ou en Palestine et aujourd’hui par Al Qaïda. Il n’existait rien de tel et maintenant elle en a hérité chez elle».

Message «religieux et non pas politique»

Revenant de son côté sur le message du cardinal Ruini dans son homélie lors des funérailles des victimes italiennes de l’attentat en Irak, Mgr Rino Fisichella, recteur de l’Université du Latran, a estimé que le message du cardinal était «religieux et non pas politique». Les propos du cardinal Ruini ont fait l’objet de larges critiques en Italie. Nombre de personnes ont en effet considéré ce message du 18 novembre comme «politique», avec notamment ces exclamations: «Nous ne fuirons pas». Apic

Encadré:

Le Saint-Siège condamne sévèrement les attentats d’Istanbul

Le Saint-Siège a sévèrement condamné les attentats du 20 novembre 2003 à Istanbul en réaffirmant que le terrorisme est «un crime contre l’humanité». Quelques heures après les attentats dans la capitale turque ayant provoqué la mort d’au moins 25 personnes et fait près de 350 blessés, le porte- parole du saint-Siège, Joaquin Navarro- Valls a affirmé que «la logique barbare du terrorisme cause seulement la mort d’innocents et des destructions. De plus, il aggrave les problèmes qu’il entend résoudre. Revient à l’esprit ce qui a déjà été affirmé par le pape, ’le terrorisme se fonde sur la dépréciation de la dignité de l’homme’ et pour cela c’est «un crime contre l’humanité». Surtout quand se font des stratégies politiques». Quant au cardinal Jose Martins Saraiva, il a exprimé jeudi matin la consternation du Vatican après ces attentats. «Nous ne sommes pas faits par Dieu pour tuer nos frères. Tout homme croyant ou non, chrétien ou musulman, vaut pour la vie qu’il a», a ajouté le cardinal. (apic/imedia/pr)

20 novembre 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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