Un jeûne marqué en France par les débats sur le voile islamique

France: La fin du ramadan approche dans tous les pays

Paris, 21 novembre 2003 (Apic) Le jeûne observé pendant tout le mois lunaire de ramadan se termine ces prochains jours, selon les pays. Il a été marqué en France par un vif débat sur l’interdiction du port du voile islamique à l’école. Un récent sondage indique que 72% des Français y sont favorables. Autre fait marquant: l’importante couverture médiatique autour de l’islamologue suisse Tariq Ramadan et de sa présence controversée au Forum social européen (FSE).

Interdire ou non par une loi le port du voile à l’école? Et, par- delà, le port de signes religieux dans les espaces publics? Cette question a continué à alimenter les débats pendant que les quelque 5 millions de musulmans de France ont resserré leurs liens en pratiquant le jeûne du mois de ramadan. Si les responsables chrétiens et musulmans sont opposés à une telle mesure, la communauté juive y est pour sa part globalement favorable. Quant aux responsables politiques, ils sont divisés. Les Français, quant à eux, se prononcent majoritairement pour.

Un sondage BVA vient de révéler que 72% des Français sont favorables à une loi interdisant «le port visible de tout signe d’appartenance religieuse et politique dans les écoles publiques». Les plus favorables sont ceux qui se disent «catholiques mais non pratiquants» (78%) ou ceux qui s’affichent «sans religions» (73%). Les personnes appartenant à une religion autre que catholique sont 59% à se dire d’accord avec une telle loi. Un sondage IFOP publié en avril 2003 indiquait déjà que 74% des Français sont opposés au port du voile par les élèves musulmanes dans les écoles publiques et même que 32% des personnes interrogées se disent opposées au port du voile par des musulmanes dans la rue. Les dés ne sont pas encore jetés, mais il semble acquis désormais que les partisans d’une loi l’emporteront. Nonobstant les déclarations, et elles ne manquent pas, de personnalités qui estiment que cette loi serait contreproductive. Ainsi du ministre de l’intérieur, Nicolas Sarkozy, comme il l’a rappelé le 20 novembre au cours du débat télévisé qui l’a opposé au philosophe musulman Tariq Ramadan.

«Intellectuel contesté en vedette d’un jour»

Cet épisode est le dernier en date d’une étonnante couverture médiatique autour de cet islamologue suisse, petit-fils du fondateur des Frères musulmans. Accusé d’antisémitisme après qu’il ait tenu des propos critiques à l’égard des intellectuels juifs, il a rencontré au sein du Forum social européen (FSE) – qui s’est dernièrement tenu en région parisienne – un soutien considérable. Daniel Bensaïd, leader de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), et José Bové, le charismatique représentant de la Confédération paysanne, ont notamment dénoncé des relents d’islamophobie ou une opération de déstabilisation du FSE derrière la polémique autour de Tariq Ramadan. Cet «Intellectuel contesté en vedette d’un jour» (Le Monde) a fait la une du Parisien le 14 novembre. Ce quotidien «populaire» très lu dans les banlieues a jugé utile de consacrer deux pleines pages à une enquête sur un «phénomène qui a désormais une influence considérable sur les jeunes de banlieue», et qui est accusé «d’attiser la haine raciale». Le Figaro présente lui T. Ramadan comme «un prophète européen du communautarisme musulman». Quant à la prestation télévisée de l’islamologue suisse le 20 novembre, elle a suscité des réactions hostiles à droite comme à gauche parmi des hommes politiques qui estiment qu’il ne faut pas en faire le représentant en titre de l’islam. (apic/jcn/bb)

21 novembre 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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