Influence négative de l’Occident sur les cultures traditionnelles

Rome: Les Supérieurs généraux consacrent leur assemblée au dialogue interreligieux

Rome, 28 novembre 2003 (Apic) Réunie à Rome depuis le 26 novembre, l’Union des Supérieurs Généraux (USG) consacre sa 63e assemblée au dialogue interreligieux. Dans un rapport présenté vendredi, le Père McCabe dénonce la culture sécularisée et matérialiste de l’Occident, avec ses influences négatives. Pour sa part, le ministre général des franciscains cite quatre piliers de la relation aux autres religions: témoignage, écoute, proclamation de Jésus-Christ et préparation adéquate.

Les participants l’assemblée semestrielle de l’UGM, présidée par Frère Alvaro Rodriguez, ont entendu le 28 novembre plusieurs rapports relatifs au dialogue entre les religions. Malgré les ouvertures et les progrès faits dans la vision positive des religions traditionnelles, il y a encore beaucoup à faire du point de vue de l’Eglise catholique. Le Père Michael McCabe le fait remarquer lors de son intervention sur le rapport avec les religions indigènes, relate l’agence d’information sur la vie religieuse «Vidimus Dominum».

Les «aspects nouveaux» sont la reconnaissance de la «présence de l’Esprit de Dieu ’en dehors’ de l’Eglise», ainsi que la «reconnaissance de la diversité culturelle». Malgré tout cependant, il y a encore une «discordance» dans le dialogue, provoquée par le fait que «l’on porte dans toutes les parties de l’Afrique, surtout à travers les médias, la culture sécularisée et matérialiste de l’Occident, avec ses problèmes et ses influences négatives», une situation «qui est certainement une invitation à la mission aujourd’hui».

Sur le plan religieux au sens strict, la discordance demeure, car il n’y a presque pas de reconnaissance, du côté catholique, de la richesse symbolique des religions traditionnelles. «Le fossé entre le monde chrétien et celui des religions traditionnelles n’a pas été encore comblé et encore moins compris», et cela pour deux raisons, selon le Père McCabe.

Tout d’abord, «parce que les projets d’inculturation du passé et du présent promus par l’Eglise ne sont pas suffisamment enracinés dans la vie quotidienne des gens». En outre, «le processus d’inculturation a été et reste encore une oeuvre d’investissement extérieur ou un produit occidental». Pour réussir à procéder sur cette voie et combler le fossé, il est nécessaire de «développer de nouveaux rituels»: «cela pourrait s’avérer un défi très important pour l’Eglise locale et, en même temps, un défi face auquel les Congrégations religieuses et missionnaires peuvent certainement offrir une importante contribution».

Les quatre piliers du dialogue interreligieux

Les piliers du dialogue interreligieux sont au nombre de quatre, selon le Père José Rodriguez Carballo, ministre général des franciscains. Et quatre également sont les principaux secteurs et les défis que la formation doit relever lorsque la vie consacrée entreprend la voie du dialogue, rapporte encore l’agence «Vidimus Dominum».

Ces quatre piliers, selon le religieux, sont le témoignage de la vie ou dialogue de vie; l’écoute et le respect; la proclamation de Jésus-Christ comme voie, vérité et vie; préparation adéquate, car dialoguer n’est guère facile.

En même temps, Père José Rodriguez Carballo a énuméré les domaines du dialogue ainsi que les difficultés auxquelles est confrontée la formation: dialogue interreligieux et paix, dialogue et révélation; dialogue et maturation de l’identité; dialogue et dépouillement (kénose) du Dieu chrétien.

Selon le franciscain, le dialogue interreligieux peut contribuer «à donner un contenu plus profond à l’engagement à suivre le Christ». Quant à l’identité, il est évident pour Père Carballo que «la personne croît et se transforme dans sa relation continue avec l’autre, dans la résurrection de sa propre histoire, pour se laisser ouvrir à des horizons toujours nouveaux». Donc, la pratique du dialogue «peut être un chapitre de ce développement intégral qui est l’objectif de la formation». (apic/vd/bb)

28 novembre 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
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