Lourdes, Paray-le-Monial, Einsiedeln ou Taizé sont connus de chacun. Il est d’autres lieux, en Suisse romande, où les croyants et les chercheurs de sens peuvent vivre des jours de silence, de paix et de contemplation. Chaque semaine, notre collaborateur Paul Jubin présente un de ces endroits où l’on s’approche de la Source. Il poursuit cette série de petits reportages par une visite aux Clarisses de Jongny, en terre vaudoise.

A la découverte des lieux de prière et de ressourcement en Suisse romande (II)

1.1 Avec les Clarisses en terre réformée

Leur communauté se trouve à Jongny, au-dessus de Vevey. Pour y parvenir, il faut entrer dans une somptueuse forêt, et suivre un ruisseau où boivent les oiseaux. Ces beautés naturelles sont bien celles que privilégiaient Claire et François d’Assise, les maîtres spirituels des Clarisses. Havre de silence, de beauté, de paix, au-dessus du Léman. Pourtant, les moniales ne sont pas propriétaires des lieux. Elles y sont arrivées en 1976, en réponse à un souhait de la fondation créée par Yvonne Guyot, peintre et femme protestante profondément vouée au silence et à la louange de Dieu. A cet effet, une chapelle fut ouverte à tous ceux qui cherchent recueillement et silence, sans distinction de croyance, de classe, de famille politique ou de nationalité. Ainsi se réalisa son voeu d’ériger «une réserve spirituelle dans cette réserve naturelle» animée si possible par des femmes. Sa devise : «En petit lieu, à Dieu Grant Part . D’où le nom du monastère : la Grant Part de Jongny.

Pour ne pas heurter la sensibilité moderne et les voisins réformés, un effort de sobriété a été accompli par les Clarisses: renoncement à la mendicité franciscaine (d’ailleurs, la Suisse interdit la mendicité), absence de murs de clôture et de grilles. La forêt sépare la communauté du tohu-bohu de la vie urbaine toute proche et facilite la vie contemplative. Au départ, la population ne comprenait pas que ces «priantes» n’aient pas d’activités rémunérées à l’extérieur. Aujourd’hui, elles ont d’excellents rapports avec le pasteur du lieu. La population environnante marque de la sympathie ou de l’indifférence à leur égard.

La communauté des cinq Clarisses anime différents groupes, accompagne un groupe d’iconographes. Leur travail ne suffisant pas pour subvenir à leurs besoins, elles vivent des dons qui leur sont offerts, parce que tout vient de Dieu, autrement dit, elles connaissent la précarité, l’abandon à la volonté du Seigneur. Des réformés participent aussi à leurs moments de prière et de célébration, dans le meilleur esprit oecuménique. Ainsi, les participants se sentent ensemble «des croyants devant l’Ecriture Sainte ». Alors s’accroît, peu à peu, le cercle des amis de la Grant Part.

Des hôtes logent régulièrement dans le petit chalet tenant lieu d’hôtellerie. Il se situe à un quart d’heure de la chapelle et permet aux retraitants une marche agreste des plus stimulantes avant de participer aux temps de prière. Le chalet peut accueillir 2 à 8 personnes, qui peuvent cuisiner de manière autonome.

Les Clarisses ont fait le choix de Dieu en terre vaudoise. Elles invitent à se joindre à elles dans leur prière continue. Pour qui l’oublierait, une source coule au fond de la chapelle. Le murmure de l’eau reste un rappel discret : écouter la Source de toute vie ! Soeur Marie-Nicolas de Flue le souligne avec humour : «Nous sommes les gardiennes de la Source ! » Paul Jubin

Les illustrations de cet article sont à commander à l’agence CIRIC, Bd de Pérolles 36 – 1700 Fribourg. Tél. 026 426 48 38 Fax. 026 426 48 36 Courriel: ciric@cath.ch (apic/pj/be)

8 décembre 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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