Nos questions sont mieux écoutées qu’il y a 10 ans

Rome: Evêques français de l’Ouest de la France satisfaits de leur visite ad limina au Vatican.

Rome, 8 décembre 2003 (Apic) Les 15 évêques français de la région de l’Ouest de la France se disent «satisfaits» des rencontres faites, au terme de leur visite ad limina du 1er au 6 décembre 2003 au Vatican. Ils rentrent dans leurs diocèses avec des réponses à leurs questions.

«J’ai été agréablement surpris par l’accueil dans les Congrégations et les Conseils», a affirmé à une poignée de journalistes le 6 décembre l’archevêque de Rennes, Mgr François Saint Macary. «Nos questions sont mieux écoutées qu’il y a 10 ans, et nos rapports sont bien lus et travaillés, cela me semble nouveau», a-t-il ajouté. «Cela vient aussi peut- être du fait que la France est en bonne syntonie avec l’Eglise universelle» a-t-il expliqué.

Pour sa part, Mgr Pierre Pican, évêque de Bayeux, a déclaré avoir trouvé «une volonté d’écoute et un sens des responsabilités dans tous les dicastères», soulignant le «grande service» que les prélats du Vatican rendent «au pape et à l’Eglise». A propos du long message du pape, remis aux évêques le 6 décembre, il a affirmé qu’il est «rare d’entendre un discours aussi juste sur la réalité de nos diocèses». L’évêque devrait recevoir le pape à Lisieux en septembre prochain pour la béatification du couple Martin, les parents de sainte Thérèse de Lisieux.

Démarches en nullité de mariage

Les évêques français ont rencontré en une semaine les principaux dicastères du Saint-Siège. A la Congrégation pour la doctrine de la foi, le cardinal Joseph Ratzinger a répondu à la problématique des divorcés et remariés. Il a invité les évêques à entreprendre des démarches de nullité de mariage lorsque les conditions de nullité sont évidentes. «Il vaut mieux chercher dans la perspective de l’annulation plutôt que dans l’assouplissement de la règle de l’indissolubilité du mariage», a rapporté Mgr Saint Macary.

Pour l’évêque de Bayeux, Mgr Pican, la rencontre avec le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi a permis de comprendre les raisons de la publication d’un texte comme «Dominus Iesus» en septembre 2001. «Il a pris position sur les textes produits, en donnant le contexte, ce que nous ne pouvons pas deviner». Mgr Pican a ainsi appris par exemple que la publication de ce document se voulait une continuité de la doctrine ecclésiologique du Concile Vatican II. Il en a conclu: «Si on nous présentait les documents par un texte explicatif du contexte, ce serait plus facile», a-t-il confié à l’agence Apic. «Le cardinal Ratzinger nous a introduit dans la manière dont un texte est écrit, et c’est important pour nous».

A la Congrégation pour l’éducation catholique, c’est le problème des stages des séminaristes qui a été abordé, le Vatican préférant éviter ces stages de formation dans la société, car ils risquent d’éloigner de sa vocation le candidat au sacerdoce.  Ce à quoi ont répondu les évêques français qu’en France, il n’est pas possible d’ordonner des prêtres à 25 ans comme cela peut se faire dans d’autre pays du monde. «C’est une vision universelle qui ne peut s’appliquer à la réalité française», a expliqué l’évêque de Sées, Mgr Jean-Claude Boulanger.

Discussions sur le voile islamique en France

La question de l’Islam a été abordée deux fois durant les conversations à Rome. Tout d’abord, au Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, où Mgr Felix Machado a répondu aux trois questions principales des évêques français. A savoir le mariage mixte, la demande de prière commune des autorités civiles (lors de catastrophes par exemple), et la poursuite du dialogue avec les fractions plus modérées de l’islam. Les discussions ont été en revanche plus houleuses à l’ambassade de France près le Saint-Siège quant à l’affaire du voile islamique en France.

Avec le cardinal Giovanni Battista Re, à la Congrégation pour les évêques, outre la longue attente des nominations d’évêques, c’est la question de la retraite des évêques à 75 ans qui a été abondamment discutée. Alors que les évêques français voudraient être déchargés de leur fonction, le Vatican aimerait au contraire qu’ils continuent d’exercer leur charge, évoquant deux raisons: la longévité de la vie et le manque d’évêques, le fait que certains prêtres en France refusent la charge épiscopale n’étant pas rare.

Le Conseil pontifical pour la famille s’est montré en revanche surpris des questions très pastorales des évêques français sur le thème de la famille et non pas sur des questions difficiles de bioéthique, comme d’autres évêques en visite ad limina.

Pour l’évêque de Sées qui accomplissait sa première visite ad limina depuis sa consécration épiscopale en 2002, ces visites quinquennales sont «un temps de pèlerinage». «On vient confier nos diocèses et nos fidèles sur la tombe de Pierre. La première eucharistie est toujours célébrée dans la crypte vaticane ; on vient rencontrer le pape qui est un pasteur, un père qui nous encourage ; enfin c’est un temps entre nous, entre évêques et vicaires épiscopaux d’une même région, ce qui nous donne une réelle fraternité» a-t-il confié à l’agence Apic. (apic/imediavb)

8 décembre 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 4  min.
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