Le mur de séparation israélien éloigne la paix
Jérusalem: Message de Noël du Patriarche latin, Mgr Michel Sabbah
Jérusalem, 22 décembre 2003 (Apic) Le mur de séparation que les Israéliens sont en train d’ériger en partie en plein coeur des territoires palestiniens est «une mesure qui éloigne la paix». Dans son message de Noël publié lundi 22 décembre, le Patriarche latin de Jérusalem, Mgr Michel Sabbah, ne mâche pas ses mots. Il rappelle la difficile situation dans laquelle vivent les peuples de Terre Sainte et dénonce le fait que «dans cette terre, les chefs disent paix, et ils font la guerre.»
Et de le chef de l’Eglise latine de Terre sainte de citer la parole du prophète qui s’applique bien à l’époque contemporaine: «Ils égarent mon peuple en disant ’Paix’ alors qu’il n’y a pas de paix» (Ez 13,10; Jer 6,14). Au cours d’une conférence de presse à Jérusalem, Mgr Sabbah a lancé un appel aux Israéliens et aux Palestiniens pour qu’ils fassent des efforts décisifs en faveur de la paix et de la fin du conflit. Il a relevé que les Israéliens veulent leur sécurité et les Palestiniens leur terre et leur liberté, «et qu’en vérité, nul ne veut la guerre et le sang, ni les Israéliens ni les Palestiniens.»
Le patriarche latin a condamné sans ambages le «non sens» de la séparation des territoires palestiniens et des colonies israéliennes, une séparation qui n’apportera aucune sécurité. «Le mur de séparation qui est en train de se construire est une mesure qui éloigne la paix et la renvoie jusqu’à ce que ce même mur tombe, et avec lui tombent les rancunes dans les coeurs, et cesse l’effusion du sang», peut-on lire dans son message de Noël.
Le «mur» sépare deux peuples et conduira des deux côtés à davantage de haine, a-t-il lancé. Celui qui veut la violence sera toujours capable de le franchir. S’il a reconnu qu’Israël a droit à la sécurité, Mgr Sabbah a relevé que le mur était la fausse voie pour l’obtenir. Interpellant les deux côtés, le Premier ministre israélien Ariel Sharon et le président palestinien Yasser Arafat, il leur a demandé de mettre un terme aux manoeuvres tactiques. Il a estimé qu’actuellement, les dirigeants politiques disent paix et font la guerre, ce qui contredit profondément le message de la fête de Noël et le message biblique.
Occupation, violence, humiliation de la personne humaine
«Notre vie continue à être soumise à l’occupation, à la violence, à l’humiliation de la personne humaine, à la peur et à l’insécurité. Alors que nous prions et nous méditons le mystère de Noël, nous disons qu’il faut que tout cela change», écrit-il. «Ce n’est pas pour cela que Dieu nous a créés à son image et à sa ressemblance, ce n’est pas pour cela qu’il nous a donné notre liberté et notre dignité, et ce n’est pas pour cela non plus qu’il a voulu que nous vivions dans cette terre sainte», poursuit-il de façon pathétique.
Au cours de la conférence de presse, Mgr Sabbah a qualifié de très inquiétante la situation à Bethléem et dans les territoires occupés, où les gens n’ont presque aucune chance de gagner leur vie dignement et dépendent d’aumônes. Cette situation pousse les familles chrétiennes, mais aussi les familles musulmanes et juives à quitter le pays.
Faisant allusion à l’initiative de Genève, Mgr Sabbah voit des lueurs d’espoir. Pour parvenir à la paix, insiste le Patriarche latin, «il faut croire que l’autre est capable de vouloir la paix et de la construire avec nous. Les gouvernants doivent commencer par admettre cela. Les voix qui s’élèvent parmi les rangs du peuple et les diverses initiatives qui invitent à la paix et au changement de l’attitude officielle, disent que les deux peuples veulent la paix et que la paix est possible.» (apic/kna/plj/be)




