Londres sévèrement mis en cause

Ouganda: L’appel des leaders religieux à la communauté internationale

Gulu, 30 décembre 2003 (Apic) L’ARLPI (Acholi religious leader’s peace initiative) lance un appel à la communauté internationale pour qu’elle arrête de considérer le conflit du nord de l’Ouganda comme un «problème interne». Les leaders religieux du pays invitent en outre le gouvernement de Kampala à prendre au sérieux les négociations de paix.

L’ARLPI est engagé depuis 1998 dans l’opération de médiation entre les rebelles et l’exécutif.

Dans le message diffusé lors de la traditionnelle marche pour la paix prévue à Gulu pour le 31 décembre dans le district septentrional, les leaders religieux soulignent que la première chose que la paix implique est un engagement de tous». Et de préciser: «Quand nous disons tous, nous entendons aussi la communauté internationale qui malheureusement, lorsqu’elle doit intervenir en faveur d’un pays ou d’un territoire, le fait en utilisant deux poids deux mesures, en faisant des distinctions entre les régions où il y a de forts enjeux économiques et celles où il n’y a rien».

Londres: deux poids et deux mesures

Pour le père Carlos Rodriguez Soto, porte-parole, «c’est une honte que l’Angleterre, auparavant puissance colonisatrice de l’Ouganda, se lave les mains à propos du conflit dans le nord». Londres, dit-il, «soutient qu’il s’agit d’une affaire interne mais intervient en revanche en Irak ou s’entremet dans la politique du Zimbabwe, ou envoie ses hommes, comme elle l’a déjà fait dans le passé, en Sierra Leone».

Le prêtre d’origine espagnole a par ailleurs l’intention de demander au gouvernement ougandais de prendre au sérieux les négociations entreprises avec les rebelles de la LRA (Armée de Résistance du Seigneur). «Nous en avons assez de nous entendre dire en ces 18 ans de conflit que la guerre est finie: c’est un manque de respect pour les gens qui souffrent. Pour s’engager vraiment sur la voie du dialogue», poursuit Père Soto, également responsable du bureau «Justice et «Paix de l’archidiocèse de Gulu,

Lors de la «Marche de la paix», qui se tient depuis la cinquième année consécutive, les leaders religieux des ethnies lango et teso seront également présents. «C’est un signe positif de réconciliation», conclut le missionnaire combonien. (apic/misna/pr)

30 décembre 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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