Les établissements éducatifs visés: manifestations

Bihar: Des enlèvements inquiètent catholiques et hindous

Bettiah, 31 décembre 2003 (Apic) Catholiques et hindous protestent séparément contre les menaces d’enlèvement pesant sur les institutions éducatives catholiques au Bihar. Deux manifestations ont eu lieu à quelques jours d’intervalle à Bettiah, ville de l’Etat du Bihar.

Ces manifestations poursuivaient toutes les deux le même objectif, à savoir protester contre une série d’enlèvements et de meurtres qui ont eu lieu dans la région ces temps dernier. Ces enlèvements sont souvent assortis de demande de rançons.

La cause de ces deux mouvements a été l’assassinat par balles, le 5 décembre dernier, d’un un jeune catholique de 28 ans.

La première de ces protestations a été organisée peu après par le principal parti d’opposition du Bihar, le Bharatiya Janata Party (Parti du peuple indien, BJP), qui détient la majorité au niveau fédéral. Ce jour-là, la ville a été entièrement paralysée, bureaux, commerces, établissements éducatifs et autres ayant tous fermé leurs portes.

La manifestation des catholiques s’est déroulée quelques jours plus tard. Plus de 6’000 étudiants et élèves des écoles, accompagnés de leurs parents et de leurs enseignants ont parcouru les rues de Bettiah. L’évêque du lieu, Mgr Victor Henry Thakur, s’est joint à la manifestation.

L’évêque a expliqué que l’Eglise ne s’était pas associée à la première manifestation du BJP, parce que, par principe, elle évitait de se mêler aux mouvements organisés par les partis politiques. Il a cependant ajouté avoir donné son approbation à cette initiative et permis aux catholiques de s’y joindre, s’ils le voulaient. En tant que responsable du mouvement interreligieux, il a même déclaré que le geste du BJP prenant l’initiative d’une protestation contre le meurtre des catholiques était de nature à renforcer la tradition séculaire de coexistence interreligieuse en Inde.

Avertissement

Enseignant à la retraite, Charles Cherobim, a fait remarquer que voilà deux ans que les catholiques s’inquiètent des enlèvements et des lourdes rançons demandées à la communauté chrétienne.

Evoquant l’assassinat du 5 décembre que l’assassinat du jeune homme début décembre constitue un message envoyé aux écoles catholiques suggérant à leurs directeurs qu’il valait mieux acheter leur sécurité en payant une lourde rançon que de risquer de succomber aux balles tirées par des hommes de main.

Selon Emmanuel Sharma, un laïc, directeur de l’association locale des écoles catholiques, ce sont plus de vingt-deux écoles catholiques qui ont été menacées par les hors-la-loi au cours des dernières années. Selon lui, ce sont les écoles gérées par des laïcs qui ont accepté de payer les sommes demandées par les malfrats. Les institutions entre les mains de prêtres ou de religieuses ont dû faire face à beaucoup moins de tentatives d’extorsion de fonds, car les demandeurs de rançon savent pertinemment qu’ils n’obtiendront aucune somme d’argent de telles écoles.

En 1985, un prêtre jésuite, travailleur social, avait été enlevé puis relâché quelques jours après, les responsables d’Eglise ayant refusé de payer la rançon exigée. Contrairement aux religieux, les laïcs sont tenus de protéger leur famille et sont moins en mesure de résister à la menace. (apic/eda/pr)

2 janvier 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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