La majorité des citoyens favorables à la peine capitale
Taiwan: Campagne des chrétiens et des ONG pour l’abolition de la peine de mort
Taipei, 2 janvier 2004 (Apic) Une alliance formée d’ONG et de plusieurs groupes religieux tentent d’obtenir l’abolition de la peine de mort à Taiwan. Pas simple, dans un pays où les Taiwanais en général et le gouvernement en particulier semblent réticents à accepter l’abolition du châtiment suprême.
En décembre dernier, Wu Chih-kuang, directeur de l’Institut Jean Paul II pour la paix à l’Université catholique de Fu Jen, à Taipei, a déclaré à la presse que, malgré la diminution du nombre des exécutions à Taipei ces dernières années, les défenseurs des droits de l’homme se heurtaient toujours à d’énormes difficultés quand ils plaidaient pour la suppression de la peine capitale.
L’Institut Jean Paul II fait partie de l’Alliance contre la peine de mort, récemment formée par seize ONG et des groupes catholiques, protestants et bouddhistes. Elle s’est constituée officiellement le 9 décembre, à la veille de la Journée mondiale des droits de l’homme. Selon Wu Chih-kuang, professeur de droit, l’abolition de la peine de mort est loin d’être admise à Taiwan, le gouvernement et les Taiwanais, difficiles à ébranler, restant figés sur leur position.
Les habitants du pays sont encore «influencés par le concept du châtiment «oeil pour oeil, dent pour dent»«, a-t-il expliqué, ajoutant que, pour changer les comportements, une plus grande information, du temps et une vraie conscientisation sur le sujet étaient nécessaires.
Alternative
D’après un sondage gouvernemental de 2002, 77,1 % des Taiwanais se déclarent contre l’abolition de la peine de mort mais ce pourcentage tombe à 42,5 % lorsque la prison à perpétuité est présentée comme une alternative à la peine capitale.
Le cardinal Paul Shan Kuo-hsi, évêque de Kaohsiung, et différents leaders religieux se sont joints aux quarante représentants des différents groupes de l’Alliance. En 2001, une année après son entrée en fonction, le ministre de la Justice, Cheng Ding-nan, avait annoncé son intention d’abolir la peine capitale dans un délai de trois ans. Le président Chen Shui-bian avait également confirmé l’engagement en ce sens de son gouvernement. (apic/eda/pr)




