Un archevêque anglican et un Prix Nobel montent aux barricades

Nigeria: L’introduction d’une taxe sur le pétrole fait des vagues

Lagos, 8 janvier 2004 Apic) L’archevêque anglican du Nigeria, Mgr Adebola Ademowo, un Prix Nobel de littérature et 46 organisations de défense des droits de l’homme, regroupées au sein du mouvement «United Action for Democracy» (UAD) ont dénoncé l’introduction d’une taxe sur l’essence. Ils estiment que cette mesure va encore aggraver la précarité des habitants.

Le gouvernement du président Olusegun Obasanjo a en effet décidé qu’à partir de janvier les Nigérians devront payer une taxe qui augmentera le prix des produits pétroliers d’environ 4% dans le pays. Il s’agit en fait d’une taxe sur l’essence et le gasoil. Le kérosène, utilisé par la plupart des habitants pour la cuisine et l’éclairage, n’est en revanche pas touché par la taxe.

«Je ne sais pas exactement pourquoi le gouvernement introduit une taxe sur l’essence», s’interroge l’archevêque anglican du diocèse de Lagos, Mgr Adebola Ademowo. Cette mesure, estime-t-il, engendrera des difficultés indescriptibles pour la population.

Les pauvres trinqueront

Le professeur Wole Soyinka, Prix Nobel de littérature en 1986, s’est également élevé vigoureusement contre l’introduction de la taxe en avertissant que cela se répercutera sur tous les secteurs de l’économie et ne fera qu’aggraver la situation des Nigérians. «S’il y a un produit essentiel après l’eau dans ce pays, c’est bien l’essence, que ce soit dans les domaines de la communication, de la circulation des marchandises ou du prix de l’alimentation. Il est faux d’imposer une taxe sur l’essence», a-t- il dit.

La coalition d’ONG «United Action for Democracy» s’est elle aussi élevée: «Malheureusement, ce sont les Nigérians sans ressources qui sont obligés de payer pour les dépenses imprudentes et la corruption du gouvernement», a déploré Bamidele Aturu, président de la coalition qui pense que la taxe va faire sombrer les Nigérians dans une plus grande pauvreté. (apic/en/pr)

8 janvier 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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