Un grave délit au Soudan

Soudan: femmes en prison pour brassage d’alcool

Port Soudan, 15 janvier 2004 (Apic) Brasser de l’alcool est un sérieux délit sous le régime soudanais, très strict dans l’application des lois coraniques. Pour avoir enfreint cette règle, des réfugiées, originaires du sud, se retrouvent dans une prison insalubre avec leurs enfants.

La prison pour femmes de Port Soudan est occupée par une vingtaine de femmes convaincues de brassage d’alcool, un délit grave au Soudan. La moitié de ces femmes proviennent du sud du pays. Dans leur région, au contraire, la production d’alcool a toujours été considérée comme un métier parfaitement honorable. Au nord, bien qu’interdites, la production et la vente d’alcool offrent une des seules source de revenus pour les réfugiés venus du Sud. Parmi eux, ce sont souvent des femmes, poussées par la guerre et la misère, qui se font brasseuses d’alcool, car elles n’ont pas d’autre choix.

C’est le cas de Mary Panasio, 22 ans, interviewée par l’agence catholique CNS, qui tient dans ses bras son bébé , assise dans une cellule de la prison de Port Soudan et chassant les mouches de sa main. Un lieu sinistre, où il n’y a même pas de lits et des latrines puantes, rapporte CNS. Cette jeune mère, accusée d’avoir brassé de la bière, affirme qu’elle est coupable et innocente à la fois. En effet, elle n’est pas musulmane, explique-t-elle. Pour une catholique, comme elle, originaires du sud Soudan, la production d’alcool n’est pas interdite. Et est considérée comme une tradition tout à fait honorable, contrairement au Nord du pays. «Je n’avais pas le choix. Sans aucun revenu, comme pouvais-je survivre?»

Les femmes du sud Soudan représentent la moitié des prisonnières ayant enfreint l’interdiction de l’alcool au Soudan. Au nord, la production et la vente d’alcool trouvent un débouché sur le marché noir, où des Soudanais du sud, ainsi que des musulmans, boivent clandestinement l’alcool interdit.

Au Soudan, la rébellion sudiste, une population majoritairement animiste et chrétienne, contre le gouvernement islamiste de Khartoum, s’enlise et a déjà fait plus d’un million de morts après plus de vingt ans de guerre civile et de nombreuses personnes déplacées. (apic/cns/vb)

15 janvier 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 1  min.
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