Le pays à soif, mais la France offre des équipements militaires

Centrafrique: La distribution d’eau potable a repris dans certaines régions

Bangui: 19 janvier 2004 (Apic) Près d’un an après le putsch militaire de mars 2003, qui mit un terme à six mois d’attaques de rebelles et de violences, la distribution d’eau potable a repris dans certaines zones de la République Centrafricaine, a indiqué la radio d’Etat, citée par l’Agence missionnaire Misna. Celle-ci s’étonne de voir la France offrir des équipements militaires, alors que les populations ont soif.

A Bossangoa, à 300 kilomètres au nord de la capitale, Bangui, la compagnie publique Codeca a commencé la distribution d’eau aux citoyens. Des ingénieurs ont travaillé pour installer un nouveau générateur et réparer les pompes endommagées entre octobre 2002 et les premiers mois de 2003, lors de la prise de pouvoir par les miliciens guidés par l’ancien chef d’état-major François Bozizé, aujourd’hui président de la République et ministre de la Défense.

La rivalité entre ce dernier et son prédécesseur, Ange-Félix Patassé a causé de graves dégâts à un pays déjà très pauvre et privé d’infrastructures, commente Misna. Le Comité International de la Croix Rouge assiste au niveau sanitaire les populations touchées par le récent conflit, les missionnaires sont également à l’oeuvre pour apporter leur aide.

Malgré ces besoins humanitaires évidents, la France a choisi d’autres priorités, s’étonne l’Agence missionnaire. Au cours d’une cérémonie solennelle, la fin de semaine dernière, l’ambassadeur de Paris, Jean Pierre Destouesse, a offert au nom de son gouvernement au président Bozizé 46 véhicules et autres équipements militaires d’une valeur de 3 millions d’euros.

Les rapports entre l’Elysée et Paris ne datent pas d’hier. En 1965, rappelle Misna, «la France, déplaçant les pions de son empire colonial, appuya le putsch du colonel Jean-Bédel Bokassa, déjà très lié à Paris pour avoir milité 22 ans dans l’armée française. En 1979 les Français n’hésitèrent pas à renverser celui qui s’était proclamé ’empereur’». (apic/misna/pr)

19 janvier 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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