Une tolérance adaptée aux différentes cultures
Londres: Célibat des prêtres: L’ancien Maître général des dominicains pour l’ouverture
Londres 22 janvier 2004 (Apic), le père Timothy Radcliffe, ancien Maître général de l’Ordre dominicain, se prononce pour des situations différenciées, selon les cultures, dans un article paru dans le «London Times».
Les prêtres doivent-ils continuer à se conformer au célibat, de manière universelle, ou faut-il envisager des critères différenciés? C’est sur ce thème que le père Radcliffe a développé son argumentation dans le «London Times».
«On peut ouvrir une discussion vaste et sereine sur le célibat sacerdotal, basée sur le principe qu’il demeure valable pour l’Eglise. Cependant, dans des situations différentes, on peut aussi adopter des critères autres». Cette suggestion a été faite par le père Timothy Radcliffe, ancien Maître général de l’Ordre Dominicain, dans un article publié en Angleterre.
«Le célibat, fait remarquer le religieux, ne devrait point être une discipline stérile qui enferme les prêtres dans une solitude suffocante. Il donne au contraire la liberté d’aimer un grand nombre de personnes. Il peut certes être lourd parfois, mais il peut être aussi se vivre d’une manière joyeuse».
En Afrique un homme non marié est «un enfant»
En Occident, le père Radcliffe reconnaît que «la grande majorité des prêtres vit le célibat avec joie et honnêteté», mais dans d’autres cultures, il reconnaît que la situation est différente. En Afrique, par exemple, poursuit-il, un homme qui n’est pas marié reste toujours «un enfant» pour la société, tandis qu’en Amérique Latine, «la culture du ’machisme’ rend incompréhensible l’abstinence sexuelle».
Lors des Synodes des évêques d’Océanie et d’Europe, auxquels le père Radcliffe a participé, il a été discuté, rappelle-t-il. de l’idée d’une «ordination pour hommes mariés, jouissant d’une grande maturité». Il n’y eut pas de consensus, rapporte-t-il, «mais le débat fut très intense».
En conclusion, le père Radcliffe pense que «l’Eglise pourrait décider que dans diverses cultures il puisse y avoir une pratique différente. Ainsi, les hommes mariés pourraient être ordonnés sur un continent et non sur un autre. Cela pourrait constituer une extension d’une différence qui existe déjà», même s’il reste nécessaire de comprendre de quelle façon concilier une vision universelle avec des manières différentes de la vivre.
En revanche, écrit-il, «si l’Eglise décide que le célibat doit rester prédominant, nous devons réfléchir sur la manière de soutenir les prêtres», surtout ceux qui vivent seuls, «par exemple en encourageant la diffusion de petites communautés». Si, au contraire la tendance est de s’orienter vers les hommes mariés, «il faudra tout d’abord faire participer les laïcs au débat». En outre, ajoute-t-il, cela implique «un autre type de sacerdoce et nous devons de toute façon discuter ce thème de façon ouverte, sans plus tarder». (apic/vid/vb)




