La situation s’enlise en attendant des décisions de justice.

Brésil: Mgr Pedro Casaldáliga défend le droit à la terre des indigènes xantes

São Félix do Araguaia, 23 janvier 2004 (Apic) L’évêque brésilien Pedro Casaldáliga défend le droit à la terre des indigènes xantes, dans le conflit qui menace de dégénérer depuis le mois d’octobre dernier. Malgré les menaces de mort qui pèse sur lui, l’évêque connu pour son combat aux côtés des Indiens, poursuit sa lutte. Pour l’heure, la situation s’enlise, en attendant des décisions de justice.

«Nous sommes au point mort; il n’y a pas encore de décision officielle. Un groupe d’indigènes Xavante et des occupants de la zone indigène sont mobilisés sur les routes. Le 23 janvier, le gouverneur du Mato Grosso, Rogério Salles, visitera la zone; le 29, il y aura une audience judiciaire et la décision du juge devrait être donnée début février».

C’est ainsi que Mgr Pedro Casaldáliga résume le conflit en cours depuis le mois d’octobre sur la terre indigène Mara-Watsédé, dans la région d’Alto Boa Vista, Etat du Mato Grosso, dans une circulaire diffusée ces jours-ci par la prélature de São Félix do Araguaia.

Tout a commencé quand un groupe d’indigènes a décidé d’envahir le domaine Suyá Missú, situé en terre indigène Mara-Watsédé, occupée il y a 12 ans par près de 3’000 familles de petits producteurs ruraux. Au moins 600 Xavante se sont installés en marge de la propriété foncière, près d’Estrela do Araguaia. De l’autre côté de la route sont mobilisés au moins 400 producteurs ruraux armés, forts du soutien de l’administration communale d’Alto Boa Vista.

«Je ne vais pas décrire en détail les précédents et les causes du conflit», commente le prélat, menacé de mort pour son engagement auprès des Xavante. «Je me limiterai à rappeler que les Xavante furent déportés dans cette région dans les années 60 par les forces aériennes brésiliennes et qu’à cause de cette déportation, 90 Indiens moururent de rougeole, contre laquelle ils n’avaient aucune défense. Depuis cette époque là, ils ont toujours revendiqué la possession de ces terres».

Le territoire Mara-Watsédé, 170’000 hectares, a été démarqué en 1998, mais il manque encore un décret de la magistrature locale afin que commence le retrait des familles qui s’y sont installées et les indigènes puissent y faire leur retour. En 2001, la justice fédérale a concédé aux agriculteurs de rester sur place, accueillant un recours auquel la magistrature doit encore répondre. (apic/misna/pr)

23 janvier 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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