Offensive des Eglises pour contester la légalité des détentions
Etats-Unis: Prisonniers de Guantanamo:
Phoenix, 23 janvier 2004 (Apic) Des Eglises lancent une campagne pour contester la légalité de la détention des prisonniers de Guantanamo, détenus dans les pires conditions sans base légales.
Selon plusieurs organisations religieuses et associations de défense des droits de la personne, les centaines de prisonniers détenus sur la base navale américaine de Guantanamo Bay à Cuba ont en effet le droit de contester la légalité de leur détention et d’avoir un procès. Ce que leur nie l’administration Bush.
Le Conseil national des Eglises des Etats-Unis (NCC) et 15 autres groupes ont présenté une demande auprès de la Cour suprême des Etats-Unis pour que les 660 prisonniers détenus aient un procès conformément à la loi. La Cour suprême a récemment accepté d’examiner des recours portant sur le fait de savoir si des étrangers peuvent contester devant les tribunaux américains leur incarcération.
Cette campagne du Conseil national est menée avec le Comité juif américain, Human Rights Watch, Islamic Circle of North America et d’autres associations pour protester contre ce que le pasteur Bob Edgar, secrétaire général du NCC, appelle le «choix indigne d’établir un camp de détention et de le justifier par un langage de guerre».
Vêtus de costume orange, les menottes aux poignets et aux pieds, les détenus – et parmi eux des jeunes d’à peine 13 ans – représentent 40 nationalités et parlent 18 langues. La plupart sont suspectés d’être des membres de l’organisation Al-Qaida et ont été capturés durant la guerre conduite en 2001 par les Etats-Unis en Afghanistan.
Droit bafoué
Le Comité international de la Croix-Rouge, dont le siége est en Suisse, est la seule organisation internationale ayant l’autorisation de visiter le camp. Elle a toutefois essuyé un échec de Washington dans sa quête de revendiquer un statut pour ces prisonniers.
Contrairement au droit international le plus élémentaire, l’administration du président Bush refuse aux détenus d’avoir un avocat, de pouvoir parler à leurs familles et même le droit de contester la légalité de leur détention. Bush avance pour théorie que les détenus sont des «combattants ennemis».
«Cela me donne des frissons de penser que les Etats-Unis – qui sont fiers de leur démocratie et d’être de prétendus défenseurs des droits de la personne et de la justice – ont établi ce camp», a commenté Bob Edgar.
Le NCC et d’autres organisations contestent la détention des prisonniers selon le statut de l’habeas corpus aux Etats-Unis, qui s’applique à toute personne détenue en violation des lois ou des traités des Etats-Unis, et déclarent que leur détention viole la Convention de 1949 de Genève sur le traitement des prisonniers de guerre.
Selon l’Agence oecuménique ENI, le Département de la défense des Etats- Unis a rejeté une demande faite par le NCC de visiter le camp de détention durant le voyage de responsables religieux à Cuba pour l’inauguration de la nouvelle cathédrale grecque-orthodoxe à la Havane, en présence du patriarche oecuménique Bartholmée Ier. (apic/eni/pr)




