Les moyens de lutte existent, mettons-les en pratique!
Stockholm: Le Saint-Siège encourage la lutte contre les génocides
Stockholm, 28 janvier 2004 (Apic) Si les instruments et les structures juridiques nécessaires à l’éradication des génocides existent déjà, il faut une plus grande volonté pour les mettre en application. Telle est la position tenue par Mgr Celestino Migliore, observateur permanent du Saint- Siège à l’ONU, au forum international sur la prévention des génocides à Stockholm.
La conférence ouverte lundi s’est conclue le 28 janvier. Plus de 50 pays y ont participé, sur les 130 ayant signé les 18 articles de la Convention de l’ONU contre le génocide en 1948 et entrée en vigueur en 1951. Elle est organisée par le gouvernement suédois et s’intitule «Empêcher les génocides: menaces et responsabilités».
Pour Mgr Celestino Migliore, si «la communauté internationale a développé des instruments légaux et des structures juridiques» comme la «Convention de prévention et de punition des génocides» (1948) ou «la cour criminelle internationale» (1998), elle n’a pas réussi «à empêcher de nouveaux génocides».
Pourquoi les moyens de lutte actuels ont échoué?
«La communauté internationale a le devoir d’examiner la raison pour laquelle ces outils ont échoué», a rappelé l’archevêque italien. «Elle doit déterminer si ces échecs sont dus aux instruments et aux structures défaillants face à l’évolution des stratégies criminelles, au manque de volonté politique pour leur mise en application, à des intérêts l’emportant sur la survie d’une nation ou d’un groupe, ou enfin à la combinaison de tous ces facteurs», a-t-il encore expliqué.
«Ce dont nous avons le plus besoin maintenant (.) afin d’écraser le génocide, (.) dont l’intention spécifique est la destruction d’une nation, d’un groupe ethnique ou religieux, ou encore d’un groupe d’individus vulnérable, (.) c’est une volonté plus forte et plus courageuse pour mettre en application les instruments légaux et les structures juridiques déjà existants», a souligné Mgr Celestino Migliore. «La mise en valeur du forum sur la prévention et l’identification des menaces de génocide sont en fait une conclusion très appropriée aux trois forums précédents sur l’holocauste, le combat contre l’intolérance, et sur la vérité, la justice et la réconciliation», a-t-il encore affirmé.
13 pays avec une menace potentielle de génocide
Huit pays africains – Ouganda, Rwanda, Burundi, Somalie, Soudan, Ethiopie, Congo ex-Zaïre et Algérie – vivent avec une menace potentielle d’un génocide: c’est ce qu’a déclaré pour sa part la chercheuse américaine Barbara Harff du «Centre pour le développement international et la gestion des conflits» à l’occasion de la première «Conférence pour la prévention du génocide». Cinq autres pays, l’Irak, l’Afghanistan, le Pakistan, la Chine et Myanmar se trouvent dans la même situation, relate l’agence d’information catholique Misna.
En particulier, selon la conférencière, Rwanda, Soudan, Burundi, Congo et Myanmar présentent tous des facteurs de base auxquels se configure le risque de violence pouvant se transformer en génocides: révolte de masse de 1988, existence d’une élite de minorité, type de régime, idéologie d’exclusion, ouverture au commerce, précédents génocides ou assassinats de politiciens. (apic/imedia/misna/bb)




