Israël-Palestine: L’archevêque de Canterbury dénonce le «mur de sécurité» israélien

«Un terrible symbole de peur et de désespoir»

Jérusalem, 29 janvier 2004 (Apic) L’archevêque de Canterbury, Rowan Williams, a dénoncé à Jérusalem le «mur de sécurité» que les Israéliens érigent en territoire palestinien. Cette barrière est considérée comme «un terrible symbole de peur et de désespoir», estime le primat de la Communion anglicane qui achève vendredi 30 janvier une visite de cinq jours en Jordanie, Israël et Palestine.

L’archevêque de Canterbury a visité les lieux saints de Terre Sainte et le diocèse anglican de Jérusalem à l’invitation du Révérend Riah Hanna Abu El-Assal, évêque anglican de la ville sainte. Rowan Williams devait se rendre également à Ramallah pour rencontrer le chef de l’Autorité palestinienne Yasser Arafat, après s’être déjà entretenu avec des ministres israéliens et le président Moshé Katsav.

Lors d’une célébration oecuménique à la cathédrale anglicane de St- Georges, à Jérusalem, Rowan Williams a vivement critiqué l’échec de négociations pour édifier des communautés qui se considèrent avec un respect mutuel. Pour le prélat anglican, ce mur est une menace pour tous les habitants et toutes les communautés de Terre Sainte, car il est une preuve pour beaucoup qu’une communauté tourne le dos à l’autre et qu’il n’y a plus d’espoir d’une solution commune et d’une «paix vraiment commune». Le déni de citoyenneté que subissent les Palestiniens de la part d’Israël est également à ses yeux un facteur d’insécurité pour tout le Moyen-Orient.

Mise en garde contre la recrudescence de l’antisémitisme

Au lendemain de cet appel à la compréhension, une incursion sanglante de l’armée israélienne faisait 8 morts à Gaza, à laquelle répondait dans un cycle infernal de violence un attentat suicide contre un bus israélien qui a fait jeudi dix morts et une cinquantaine de blessés à Jérusalem.

L’archevêque de Canterbury, a également mis en garde contre l’antisémitisme à lors de la journée commémorative de l’Holocauste. Il a dénoncé à cette occasion, la résurgence de ce mal «odieux» dans une déclaration commune publiée mardi à Londres et cosignée par le Grand rabbin de Grande-Bretagne Jonathan Sacks et le cardinal Cormac Murphy-O’Connor, archevêque catholique de Westminster.

Pax Christi dénonce un mur qui viole le droit international humanitaire

Notons à propos du «mur de séparation» érigé par Israël que la section allemande du mouvement pour la paix «Pax Christi» a interpellé le ministre allemand des Affaires étrangères Joschka Fischer afin qu’il soutienne le travail de la Cour internationale de justice de la Haye. La Cour a été saisie par une plainte des Palestiniens qui dénoncent l’expropriation d’importantes superficies agricoles confisquées pour la construction du mur israélien. «Pax Christi» rappelle que cette construction dans un territoire occupé viole le droit international et les épreuves supplémentaires qu’il impose aux populations civiles n’ont à son avis aucune justification du point de vue des exigences militaire et de la sécurité. (apic/kna/bcc/be)

29 janvier 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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