Mise en garde contre les divisions au sein des Eglises

Pologne: Le CCEE et la KEK préparent un troisième rassemblement oecuménique européen

Kamien Slanski, 3 février 2004 (Apic) La situation de l’oecuménisme en Europe a été au centre des discussions du Comité conjoint du Conseil des Conférences Episcopales Européennes (CCEE) et de la Conférence des Eglises européennes (KEK). Au cours de leur session en Pologne, le CCEE et la KEK ont lancé les bases d’un troisième rassemblement oecuménique européen.

La rencontre s’est déroulée à Kamien Slanski, en Pologne, du 29 janvier au 1er février, à l’invitation de l’archevêque d’Opole, Mgr Alfons Nossol. «Une Europe politiquement unie avec des Eglises divisées constituerait une situation intolérable», a déclaré en introduction le président du CCEE, Mgr Amédée Grab, évêque Coire et président de la Conférence épiscopale suisse.

Le travail à l’ordre du jour de cette réunion a tout d’abord porté sur un débat intense à propos de la situation oecuménique. Dans son introduction, Mgr Amédée Grab, a souligné les défis auxquels les Eglises se trouvent confrontées face à un contexte multireligieux et au processus d’unification européenne. «Une Europe politiquement unie avec des Eglises divisées constituerait une situation intolérable», a-t-il précisé. Pour autant, les divisions au niveau théologique ont bien souvent leurs racines dans des sources historiques, culturelles, en relation avec des conflits de compétences ou encore d’ordre psychologique. Il importe donc d’intensifier la collaboration et de poursuivre le dialogue avec une ardeur soutenue. Les progrès sur le chemin de la réconciliation entre Eglises seront enregistrés en premier lieu en vivant l’Evangile», a-t-il estimé.

Le métropolite Daniel de Moldavie et de Bucovine, membre du Présidium de la KEK, a poursuivi la réflexion en mettant en évidence trois obstacles majeurs à l’oecuménisme d’aujourd’hui: la sécularisation, le fondamentalisme religieux et le prosélytisme agressif mené par les «sectes».

Reconfiguration des structures oecuméniques

Le Comité conjoint constitue la seule instance officielle où toutes les traditions ecclésiales d’Europe sont représentées. Il est donc appelé à jouer à l’avenir un rôle encore plus important en ce qui concerne la «reconfiguration» des structures oecuméniques dont il est question aujourd’hui, a-t-on rappelé au cours de cette session.

C’est dans cet état d’esprit que le Comité a entamé la préparation d’un Troisième Rassemblement oecuménique européen (ROE3). Il ne s’agit pas là d’un événement ponctuel, mais d’un véritable processus qui, sur une période de trois ans (2005-2006-2007), guidera les Eglises dans leur réflexion au niveau local, national, régional et européen sur le thème «Christ est la lumière de l’avenir» ainsi que sur les responsabilités des chrétiens et la contribution qu’ils peuvent apporter à l’Europe aujourd’hui.

Un Groupe de travail a été chargé d’élaborer une proposition qui sera présentée officiellement cet automne.

Le processus de la «Charta Oecumenica» sera poursuivi puisque celle- ci servira de lignes directrices pour le chemin qui mènera au Troisième Rassemblement oecuménique européen.

A propos des relations entre chrétiens et musulmans

Après avoir pris connaissance des rapports sur le fruit du travail réalisé par le Comité CCEE-KEK pour les relations avec les musulmans en Europe – qui a publié ces derniers mois un document sur le dialogue islamo- chrétien et la prière commune – le Comité a suggéré d’organiser une consultation de grande envergure à travers toute l’Europe afin de déterminer les besoins des Eglises et des Conférences épiscopales; ainsi, le nouveau mandat du Comité, commençant en 2005, pourra répondre «avec pertinence aux défis suscités par la présence de l’Islam sur notre continent».

La Commission Eglise & Société de la KEK et la ComECE (Commission des Conférences épiscopales de la Communauté européenne) ont ensuite développé le fruit de leur contribution à la Convention européenne et au processus d’intégration européenne.

Les membres du Comité se sont félicités de la teneur actuelle de l’Article 51 du projet de traité constitutionnel de l’Union européenne (incluant la reconnaissance juridique des Eglises et de la liberté religieuse). Ils se sont cependant interrogés pour savoir pourquoi il existe une sorte d’»allergie» à la reconnaissance du fait historique de la présence de la chrétienté comme élément constitutif de l’histoire de notre continent?

En ce qui concerne les Eglises, si leur contribution à l’avenir de l’Europe doit être effective, font remarquer les participants, il est «absolument indispensable» qu’elles se mettent d’accord sur des thèmes qui les divisent encore aujourd’hui (essentiellement au niveau de l’éthique et des valeurs).

Cette rencontre du Comité s’est achevée sur une série d’entrevues et par des services religieux célébrés dans différentes églises d’Opole et alentours. (apic/com/pr)

3 février 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
Partagez!