Eglises invitées à lutter contre les contrefaçons
Nigeria: Les médicaments contrefaits coûtent des milliers de vies dans le pays
Lagos, 4 février 2004 (Apic) Une agence gouvernementale nigériane souhaite associer les prêtres anglicans et catholiques à la campagne visant à stopper la circulation de médicaments contrefaits, qui seraient responsables de la mort de milliers de Nigérians.
«Le Nigeria est un pays où le taux de médicaments contrefaits est l’un des plus élevés au monde», a déploré Dora Akunyili, directrice de l’Agence nationale du Nigeria pour le contrôle et l’administration des produits alimentaires et des médicaments.
Selon elle, les prêtres sont bien placés pour mobiliser la population contre ce trafic illicite.
«Priez, prêchez et informez les paroissiens sur les dangers des médicaments contrefaits», a-t-elle demandé dans un message adressé aux responsables catholiques et anglicans en janvier, en soulignant que, pour les fidèles, un prêtre est un «père spirituel, un juge, un conseiller et un avocat».
Ceux qui font le trafic de médicaments contrefaits ou falsifiés peuvent être assimilés à ceux qui sont en possession d’armes les plus dangereuses, à des terroristes contre la santé publique», a estimé Dora Akunyili.
L’archevêque d’Abuja, Mgr John Onaiyekan, président de la Conférence épiscopale du Nigeria, a l’Agence oecuménique ENI que les Eglises protestantes et catholique, sous les auspices de l’Association chrétienne du Nigeria, allaient sensibiliser les membres de leurs Eglises et les mettre en garde contre les risques des médicaments contrefaits.
Des statistiques précises sur ce problème sont difficiles à obtenir, mais on estime qu 40% des médicaments en circulation au Nigeria seraient contrefaits ou falsifiés.
Un problème mondial
«Il y a des médicaments contrefaits, des médicaments sans aucun principe actif et des médicaments qui contiennent les principes actifs en quantité insuffisante, des médicaments étiquetés frauduleusement et naturellement, des médicaments dont la date a expiré», a commenté Dora Akunyili.
Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), dont le siége est à Genève, les médicaments contrefaits sont un problème mondial et 60% des cas de contrefaçon concernent les pays pauvres. «La contrefaçon pharmaceutique est une entreprise très lucrative en raison d’une forte demande et des coûts de production peu élevée», souligne-t-on à l’OMS.
Dora Akunyili a reçu des menaces de mort et a survécu à ce qui ressemblait à une tentative d’assassinat en décembre 2003. Elle a reçu le Prix de l’intégrité 2003 décerné par «Transparency International», une agence de lutte contre la corruption, dont le siége est à Berlin, pour sa campagne contre les médicaments contrefaits. (apic/eni/pr)




