L’organisation à la base du scandale interrompt sa campagne

Suisse orientale: Colère des milieux chrétiens contre une pub montrant un chat crucifié

Zurich, 5 février 2004 (Apic) Un chat cloué sur une croix: la publicité des protecteurs des animaux de Suisse orientale n’est pas seulement de mauvais goût, aux yeux des milieux chrétiens, mais elle blesse encore les sentiments religieux de la population en abusant d’un symbole chrétien. Suite à de vives réactions, la campagne d’affichage de l’agence zurichoise Publicis AG a été suspendue provisoirement.

Réalisée à titre gracieux pour le compte de Zodiac, une petite association féminine de protection des animaux basée à Wil (SG), cette campagne d’affichage a provoqué la colère des chrétiens engagés. Les affiches montrant soit un chat, un chien, un lapin, une grenouille crucifiés ont provoqué un beau scandale. Au-dessus de l’illustration de l’animal crucifié, un slogan: «Ne laissez pas les animaux payer plus longtemps pour nos péchés». Le commanditaire avait obtenu que l’agence Publicis travaille gratuitement pour le bien de la cause.

Utilisation abusive du symbole chrétien par excellence

«Il est choquant et de mauvais goût d’abuser ainsi d’un symbole chrétien prédominant, s’est exclamé le porte-parole de la Conférence des évêques suisses, à Fribourg, Marc Aellen. Pour sa part, le conseiller national bernois Christian Waber, membre de l’Union démocratique fédérale (UDF), a déclaré vouloir faire signer une pétition destinée à l’Office fédéral de la police. Il a ajouté qu’il regrettait profondément que la croix, qui représente la rédemption, soit utilisée de façon abusive par une organisation qui veut protéger la dignité de chaque créature. L’UDF se définit comme un parti d’obédience chrétienne et souhaite que l’éthique «reprenne une place prépondérante dans les choix». Elle affirme que «les principes bibliques s’appliquent aussi en politique», ne restreignant pas son action à ce seul domaine.

L’association Zodiac a entre temps pris la décision d’arrêter provisoirement sa campagne. «Nous nous excusons auprès de toutes les personnes dont nous avons pu blesser les sentiments de manière involontaire», a déclaré Nadja Müller, au nom de Zodiac. «De même que Jésus, innocent, fut crucifié, il y a des animaux innocents qui sont maltraités par des humains ou abandonnés; tel était le sens de la campagne». L’organisation décidera si et sous quelle forme la campagne sera poursuivie.

L’agence de publicité zurichoise Publicis a réalisé la campagne bénévolement pour servir la cause de l’association Zodiac. Elle consiste en 250 affiches qui auraient dû être affichées entre Winterthur et St-Gall, ainsi que des encarts publicitaires pleines pages dans des journaux comme «20 Minuten» et «Tierwelt», qui participent également à la campagne (kipa/wm/job/vb)

Canada: Violence contre les femmes

Les Eglises canadiennes lancent une campagne

Vancouver, 5 février 2004 (Apic) Les Eglises canadiennes lancent une campagne en vue de sensibiliser l’opinion publique à la violence perpétrée contre les femmes. Selon les estimations, 500 d’entre elles ont disparu ou ont été assassinées au Canada ces vingt dernières années.

La campagne, «Sisters in Spirit», sera lancée dans la capitale canadienne, Ottawa, le 22 mars, par les Eglises anglicane et unie et l’Association des femmes autochtones du Canada (NWAC).

«Nous voulons commencer à faire des recherches sur les femmes qui ont disparu ou ont été assassinées», a déclaré Terri Brown, présidente de la NWAC. «Nous allons faire un grand travail d’information dans les écoles, les communautés, les Eglises, partout oì nous pourrons parler du racisme et du sexisme auxquels sont confrontées les femmes autochtones dans ce pays».

Cette initiative a comme objectif d’ouvrir un fonds de 10 millions de dollars canadiens (5,95 millions d’euros) pour le travail de recherche et d’information concernant la violence contre les femmes autochtones – appartenant aux communautés des Indiens, des Inuits et des Métis.

La question de la violence sur les femmes a refait surface après la découverte des restes d’au moins 31 femmes dans la ferme d’un éleveur de cochons à Port Coquitlam prés de Vancouver en Colombie-Britannique. Le fermier, inculpé de meurtre, est actuellement en prison dans l’attente d’être jugé. La plupart de ces femmes travaillaient dans le milieu de la prostitution et des drogues dans un quartier pauvre de Vancouver. (apic/eni/pr)

5 février 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
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