Desmond Tutu soutient les plaignants: colère du gouvernement

Afrique du Sud: Apartheid et poursuites contre des sociétés étrangères

Johannesburg, 8 février 2004 (Apic) L’ancien archevêque sud-africain Desmond Tutu, lauréat du Prix Nobel de la paix 1984, a provoqué la colère du gouvernement de son pays en apportant son soutien aux victimes de l’apartheid. Celles-ci réclament un dédommagement aux entreprises étrangères ayant traité avec le régime de l’apartheid en Afrique du Sud.

Le Conseil des Eglises d’Afrique du Sud (SACC) appuie Desmond Tutu dans sa démarche. Une déclaration écrite de huit pages a été transmise au tribunal new-yorkais chargé d’examiner la recevabilité des plaintes.

«Avertir les sociétés qu’elles seront à l’avenir tenues pour responsables des effets de leurs investissements dans les régimes répressifs pourrait les encourager à placer leurs investissements dans des pays plus respectueux des droits de la personne», a déclaré Desmond Tutu, dont les propos ont été cités dans le journal sud-africain «Sunday Independent».

Le gouvernement s’oppose aux demandes de dédommagement des victimes en expliquant qu’elles pourraient décourager les investissements étrangers dont le pays a très besoin, nuire à la réconciliation en Afrique du Sud et porter atteinte à la souveraineté du pays.

Desmond Tutu a été président de la Commission Vérité et réconciliation sur le système de l’apartheid dont les conclusions ont conduit le gouvernement sud-africain à décider de verser des compensations a’ plusieurs victimes de l’apartheid.

Dans sa lettre au juge new-yorkais John Sprizzo, chargé d’examiner le cas, Desmond Tutu écrit toutefois ne pas admettre que les demandes de réparations adressées aux entreprises étrangères puissent nuire au processus de réconciliation.

L’ancien archevêque anglican du Cap a aussi dénoncé l’intervention auprès du tribunal new-yorkais du ministre de la Justice sud-africain Penuel Maduna, qui a écrit que ces demandes de réparations allaient décourager les investissements étrangers dans son pays, aujourd’hui démocratique. Le juge new-yorkais devrait faire connaître sa décision à la mi-février. (apic/eni/pr)

8 février 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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