Dans le contexte de violence, le pape appelle à la paix sociale

Rome: Jean-Paul II reçoit le président colombien, Alvaro Uribe Vélez

Rome, 12 février 2004 (Apic) Le président colombien, Alvaro Uribe Vélez, a effectué une visite au Vatican le 12 février 2004. Dans un court discours, lu en présence de la délégation colombienne, Jean-Paul II a exprimé le souhait que le peuple colombien «se dirige vers la paix sociale, en renonçant à toute forme de violence et en cherchant de nouvelles formes de cohabitation».

Dans un court discours, qu’il a lu en présence de la délégation colombienne forte de 11 personnes, dont l’ épouse du président et la ministre colombienne des Affaires étrangères, fille du président colombien, Jean- Paul II a affirmé que «la justice devrait constituer le fondement de la reconstruction morale et matérielle» du pays. L’entretien a duré 15 minutes.

Au cours de l’audience, le commissaire pour la paix en Colombie, chargé du dialogue avec les groupes terroristes du pays, Luis Carlos Restrepo, a expliqué au pape qu’il avait le difficile devoir de dialoguer avec des groupes violents. «Avec la guérilla?» a demandé le pape. «Oui, a répondu le président Uribe, avant d’ajouter que le commissaire Restrepo avait besoin d’une bénédiction spéciale. Le pape a alors fait une bénédiction particulière, pour son difficile travail en faveur de la paix civile dans ce pays.

Cette visite du chef de l’Etat colombien à Jean-Paul II s’inscrit dans la tournée européenne d’Alvaro Uribe Vélez, qui a commencé le lundi 9 février 2004 à la Commission européenne à Bruxelles, pour s’achever à Berlin le 13 février.

Partisan de la manière forte contre la guérilla et les narcotraficants

Elu en 2002 à la tête du pays, Alvaro Uribe Vélez est qualifié «d’homme à poigne» et ses méthodes de gouvernement sont souvent critiquées. Il lui est reproché de mener une guerre frontale contre les guérillas (en particulier le FARC) et les narcotrafiquants du pays, au détriment de la démocratie. Son voyage sur le vieux continent a pour but de convaincre les européens du bien fondé des méthodes de son «plan de sécurité démocratique» lancé dès son élection. Président d’un pays qui fournit 70% de la production mondiale de cocaïne, il a décidé d’user de la manière forte pour en venir à bout, en confiant les pouvoirs de police à l’armée dans les zones à risque de la Colombie.

Dans un entretien accordé au «Corriere della Sera» du 12 février 2004, Alvaro Uribe Vélez affirme face à ses détracteurs: «je suis un démocrate». Il justifie sa méthode par le fait que les otages de la guérilla, comme Ingrid Bétancourt, «sont séquestrés et torturés dans des zones impénétrables en Colombie, «de même qu’en Europe Hitler enfermait et torturait les juifs dans des camps de concentration» a-t-il lancé, pour conclure: «Face à de tels faits, les compromis ont une limite».

Pour sa part l’Eglise catholique colombienne parle d’un accord possible. En effet, à Bogota, le 8 février 2004, Mgr Luis Augusto Castro, membre de la commission de facilitation du dialogue entre les partis et vice-président de la Conférence épiscopale colombienne a réaffirmé qu’un accord entre gouvernement et FARC était nécessaire pour parvenir à une solution en faveur des otages retenus par la guérilla colombienne. (apic/imedia/vb)

12 février 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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