La morale catholique réprouve certaines techniques

Rome: Pour l’Osservatore Romano, la loi italienne sur la procréation est un moindre mal

Rome, 13 février 2004 (Apic) L’Osservatore Romano, dans son édition du 14 février, juge acceptable la loi italienne sur la procréation médicalement assistée, adoptée le 10 février par le parlement. Si elle respecte certains droits essentiels, cette loi autorise cependant des techniques que la morale catholique réprouve.

«Le bien public relevant de l’Etat, dont le devoir de réguler les procédures sanitaires qui peuvent mettre en péril les droits fondamentaux des personnes faibles et sans défense, fait qu’une loi sur cette matière était nécessaire et sa promulgation est un fait positif», affirme L’Osservatore Romano. «Si l’on considère le contenu du texte à peine promulgué, il faut considérer positivement un point fondamental», poursuit Angel Rodriguez Luno, professeur à l’université pontificale de la Sainte Croix à Rome. «Bien qu’autorisant le recours à certaines techniques que la morale catholique réprouve, la loi actuelle ne permet rien d’injuste qui auparavant fut interdit et inversement déclare illégales et punissables beaucoup d’injustices qui auparavant étaient autorisées.»

Pour l’organe de presse du Vatican, la loi italienne est acceptable car elle respecte trois droits essentiels: «le droit à être traité comme un sujet et non comme un objet, le droit inviolable à la vie et, enfin, le droit de naître de et dans un même couple hétérosexuel uni par le mariage.»

La relation conjugale prime sur la procréation artificielle

«Les lois civiles qui contribuent au bien public sont des lois justes» et inversement. Cependant, «les lois justes sont toujours perfectibles», affirme Angel Rodriguez Luno, se référant à la morale catholique qui considère que les techniques de procréations artificielles se substituant à la relation conjugale sont moralement illicites. Ceci dit, il estime que ce point ne peut être pris en considération dans le domaine politique et éthique car «tout ce qui est moralement négatif ne peut être interdit ou puni par la loi civile», qui ne traite que du bien public.

Il estime que quelques problèmes, comme l’insertion dans un contexte technique et instrumental de la conception de l’enfant et celui des embryons congelés, «pourront être évités par une sage application de la loi italienne». Il regrette cependant que le consensus obtenu au parlement n’ait pas été suffisant pour les éviter. Angel Rodriguez Luno en conclut : «nous ne sommes pas en face d’une loi juste, elle est injuste même si elle est moins injuste que d’autres». (apic/imedia/bb)

15 février 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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