Répartition des tâches au sein des autres ministères

Israël: Le ministère des Affaires religieuses sera dissous dimanche 7 mars

Tel-Aviv, 4 mars 2004 (Apic) Le ministère israélien des Affaires religieuses sera officiellement dissous dimanche 7 mars et ses 300 employés répartis dans d’autres ministères. Ceux-ci seront chargés de s’occuper également des questions religieuses.

Un groupe de travail spécial a été mis sur pied pour gérer la dissolution de ce puissant et riche ministère, fief des religieux orthodoxes, les changement et les reclassements de personnel qu’elle implique. Le démantèlement de ce ministère était la principale revendication du parti Shinui pour rejoindre la coalition gouvernementale du Premier ministre Ariel Sharon.

Selon le quotidien israélien «Ha’aretz», le ministère de l’Intérieur sera pour sa part responsable des activités religieuses des non juifs, tandis que le département qui traite des conseils religieux juifs – qui ont la charge des synagogues, de l’observance shabbat et de la cacherout, des enterrements et des cimetières, des bains rituels, etc. – sera transféré au Bureau du Premier ministre.

Le centre pour le développement des lieux saints passera sous la responsabilité du Ministère du tourisme. Les tribunaux rabbiniques seront sous le contrôle du ministère de la Justice et le rabbin des lieux saints et du mur des lamentations dépendra de la supervision du grand rabbin.

«Changement historique»

Cette restructuration a été qualifiée de «changement historique» par le Commissaire aux affaires civiles Shmuel Hollander, spécifiant qu’il était «correct d’un point de vue administratif». Le parti Shinui est né en 1974 après les événements qui ont amené à la guerre du Kippour. A l’origine petit parti du centre, laïc, qui avait six députés en 1999, il en a désormais 15 depuis les dernières élections à la Knesset de janvier 2003, derrière le Likoud, 37 sièges et le parti travailliste, 19 sièges.

Pour les observateurs, le succès de ce parti est dû à la déception de beaucoup d’électeurs face aux deux grands partis, le Likoud et le Parti travailliste, et au charisme de son chef: Yossef «Tommy» Lapid, né en 1931 en Yougoslavie et dont le père, arrêté par les nazis, mourut à Mauthausen. Ancien journaliste vedette de la télévision, il a animé pendant des années une émission à succès et exercé son humour dérangeant sur le monde politique.

«Bête noire» des religieux, Tommy Lapid exploite un créneau qui correspond au ras le bol de nombre d’Israéliens: en finir avec la tyrannie qu’exercent sur l’Etat et sur la société les «haredim», ces religieux ultraorthodoxes. Tommy Lapid propose de mettre fin aux privilèges dont jouissent ces religieux, de séculariser l’Etat et la vie sociale, en permettant par exemple les mariages civils. Il partage les vues des travaillistes et du Likoud sur la question palestinienne. Mais par contre, il est pour donner l’autonomie à Jérusalem-Est. (apic/haaretz/huma/vb)

4 mars 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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