Rome: Le président Johannes Rau remercie le pape pour sa contribution à l’unité allemande

Rau: Jean Paul II fait partie des «Pères de l’unité européenne»

Rome, 7 mars 2004 (Apic) Le président allemand Johannes Rau a remercié le pape Jean Paul II pour sa contribution à l’unité allemande et européenne. Samedi, à l’issue de sa rencontre avec le Souverain pontife au palais apostolique, Johannes Rau a déclaré que Jean Paul II fait partie des «Pères de l’unité européenne» pour le rôle qu’il a joué pour dépasser la division de l’Europe, une action qui va bien au-delà de ce qui est connu du public.

Si son action en faveur du dépassement de la partition de l’Europe n’avait pas été si profilée, «l’Allemagne aurait eu un chemin plus long à parcourir vers sa réunification», a déclaré le président de la République fédérale d’Allemagne à Jean Paul II qui le recevait au Vatican le 6 mars 2004 à l’occasion de sa visite de fin de mandat.

Les Allemands savent que leur pays doit aussi son unité «à la Pologne et à l’action du pape», a déclaré Johannes Rau, au cours de propos improvisés à l’occasion de la remise du traditionnel cadeau au pape, une miniature de la Porte de Brandebourg, symbole de l’Allemagne divisée et réunifiée. Il a rappelé ainsi que Jean Paul II avait passé en 1996 par ce symbole de l’unité allemande retrouvée.

Le pape souligne l’héritage chrétien de l’Europe

Johannes Rau, un chrétien de confession luthérienne, tenait à remercier Jean Paul II, par ce geste et ces paroles, pour son rôle dans l’histoire des bouleversements en Europe depuis 25 ans. Le pape, quant à lui, a lu de façon clairement audible l’ensemble de son discours en allemand adressé au président et à sa suite. Dans son texte, le Souverain pontife est revenu sur le thème des racines chrétiennes de l’Europe.

«Les chrétiens en politique ont une responsabilité pour que l’héritage chrétien puisse féconder la société allemande et l’ensemble de l’Europe», a déclaré le pape pour qui, «le système fédéral de l’Allemagne doit être un modèle pour l’Europe unifiée». Jean Paul II a, par ailleurs, insisté sur la générosité de l’Allemagne «prête à partager sa richesse avec les pays les plus pauvres», soulignant les efforts consentis par le pays en faveur des pays du tiers monde.

Rau d’accord avec le Vatican sur le voile islamique: non à une conception laïciste

A l’issue de sa rencontre avec le Souverain pontife, le président fédéral a été reçu par le cardinal Angelo Sodano, secrétaire d’Etat du Saint-Siège. L’échange a porté sur les relations entre l’Eglise et l’Etat en Allemagne et la reconnaissance de l’importance de la culture chrétienne en Europe. Le cardinal secrétaire d’Etat, en témoignage de la contribution du président Rau aux bons rapports entre l’Eglise et l’Etat en Allemagne, l’a décoré du grand collier de l’ordre de Pie IX.

A l’occasion de sa visite au Vatican, le président Rau s’est déclaré en accord avec la position romaine concernant la querelle sur le voile islamique et les signes religieux à l’école, considérant qu’il fallait éviter tout pas conduisant à une conception laïciste de l’Etat, qui n’est adaptée ni à l’Allemagne ni aux pays européens.

Le président allemand a aussi été reçu le 5 mars par Carlo Azeglio Ciampi. Les deux hommes, qui, en juin 2000 à Agrigente, avaient été dans les premiers à lancer l’idée d’une nouvelle Constitution européenne, ont réaffirmé leur volonté commune de voir rapidement sortir de l’impasse la future Constitution de l’Union.

Johannes Rau, élu à la tête de l’Etat fédéral par le parlement allemand le 23 mai 1999, quittera ses fonctions dans quelques mois. Le cardinal Karl Lehmann, président de la Conférence épiscopale allemande, a exprimé des critiques sur Radio Vatican le 3 mars 2004, quant aux discussions qui se déroulent dans son pays, autour de la succession du président fédéral.

La Constitution européenne doit parler de la relation avec Dieu

Le thème des racines chrétiennes de l’Europe a aussi été abordé par la Conférence épiscopale allemande, réunie à Bensberg, près de Cologne, qui s’est achevée le 4 mars 2004. «Nous, tout comme le pape, avons la ferme opinion que la Constitution européenne doit parler de la relation avec Dieu. Pour le futur de l’Europe et de ses habitants, il est très important qu’une relation avec Dieu existe pour garantir l’humanité et l’humanisme dans la vie en commun en Europe», a déclaré Mgr Ludwig Schick, archevêque de Bamberg en Bavière, sur Radio Vatican, le 5 mars 2004. (apic/cic/imedia/be)

7 mars 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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