Une percée est toutefois constatée: peu de postes à responsabilité
Rome: Malgré la nomination de M. A. Glendon, les femmes peu nombreuses au Vatican
Rome, 10 mars 2004 (Apic) Malgré la nomination de Mary Ann Glendon à la présidence de l’Académie pontificale pour les sciences sociales, les femmes aux Vatican sont encore relativement peu nombreuses. Nombre d’entre- elles occupent des postes de secrétaires, mais peu partagent des responsabilités importantes au sein des différentes instances. Une percée est toutefois constatée, avec trois importantes nominations de femmes, ces jours au Vatican.
Le pape Jean Paul II a ainsi nommé mardi 9 mars une femme à présidence d’une académie pontificale du Saint-Siège. L’Américaine Mary Ann Glendon, professeur de droit à l’Université d’Harvard, vient ainsi de prendre la tête de l’Académie pontificale pour les sciences sociales dont elle était déjà membre. Une autre femme, Letizia Pani Ermini, avait été nommée à la tête de l’Académie pontificale romaine d’archéologie par Jean- Paul II en 2003.
Mary Ann Glendon, née en 1938, est mariée et a trois enfants. Depuis 2001, elle fait partie du Conseil de la présidence des Etats-Unis sur la bioéthique et a écrit de nombreux ouvrages dénonçant l’avortement et le divorce. Elle a été la première femme à diriger une délégation du Saint- Siège à l’ONU, lors de la Conférence pour la femme tenue à Pékin en 1995.
Des secrétaires
Avec son arrivée, l’Américaine Mary Ann Glendon vient renforcer l’équipe des femmes employées au Vatican ou chargées de mission pour le Saint-Siège. Si nombreuses sont les secrétaires ou les employées sans grande responsabilité, les femmes ayant des postes à responsabilités ou remplissant des missions d’importance sont suffisamment rares pour être encore dénombrées. Les informations transmises ci-dessous sont celles disponibles dans l’Annuaire pontifical 2004.
Ainsi, une seule femme, Marie Hendrickx, est employée en tant que collaboratrice à la Congrégation pour la doctrine de la foi. Cependant, deux femmes – dont une professeur à l’Université de Fribourg – viennent d’être nommées – le 6 mars 2004 – au sein de la Commission théologique internationale.
Aucune femme n’a de poste de responsabilité au sein de la Congrégation pour les Eglises orientales, ni au sein de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, y compris au niveau du secrétariat pour ce dernier. Cependant, 4 femmes – sur 30 personnes – sont commissaires députés à la défense du lien matrimonial au sein de la Commission des causes de dispense du mariage raté et non consommé, dépendant de ce dicastère. Il n’y a pas de femme commissaire député à la décision pour les reconnaissances de nullité, mais 31 clercs.
A la Congrégation pour la cause des saints et la discipline des sacrements, on trouve des secrétaires, mais aucune femme, y compris parmi les 71 consulteurs extérieurs. Il en va de même au sein de la Congrégation pour les évêques.
En revanche, deux femmes, des religieuses, sont consulteurs au sein de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples.
Une seule femme, laïque, est employée dans la catégorie inférieure aux secrétaires, au sein de la Congrégation pour le clergé. Mais deux femmes – une laïque et une religieuse – sont membres du Conseil international pour la catéchèse, lié au dicastère.
Présence dans les Congrégations
Assez logiquement, quelques femmes apparaissent au sein de la Congrégation pour les Instituts de vie consacrée et les Sociétés de vie apostolique. Une religieuse – sur 4 personnes – est chef de bureau au sein de la section pour les religieux. Trois religieuses – sur 27 personnes – sont consulteurs pour la section des Instituts religieux et 8 femmes sur 12 personnes sont consulteurs pour la section des instituts séculiers. Enfin, 9 religieuses – sur 18 personnes – font parties du Conseil pour les rapports entre la Congrégation et les Unions internationales des supérieurs généraux.
La Congrégation pour l’éducation catholique emploie deux femmes secrétaires. Deux religieuses – sur 31 personnes – sont consulteurs.
Aucune femme n’est employée dans les tribunaux, que ce soit la Pénitencerie apostolique, la Signature apostolique ou la Rote romaine.
Les femmes sont nettement plus présentes dans les Conseils. Ainsi, au sein du Conseil pontifical pour les laïcs, 10 femmes – sur 37 personnes – sont membres de ce dicastère et la Française Lucienne Sallé – auteur d’un livre sur les femmes au Vatican – est employée comme collaboratrice (aiutente di studio). Par ailleurs, sur 25 consulteurs, quatre d’entre eux sont des femmes.
Une femme laïque italienne est chef de bureau – un poste important – au sein du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens et une femme – sur 22 personnes – est consulteur au sein du dicastère. Une religieuse est consulteur au sein de la Commission pour les rapports avec le judaïsme qui dépend du dicastère.
Couples à l’honneur
Au Conseil pontifical pour la famille, les couples sont à l’honneur. 17 couples sont ainsi membres du Conseil, ainsi que deux femmes et un homme. Parmi les 40 consulteurs, se trouvent un couple et 15 femmes.
Le Conseil Justice et Paix comporte lui aussi un nombre non négligeable de femmes. Six d’entre elles sont membres du Conseil – sur 23 personnes -, une est collaboratrice et les deux dernières sont consulteurs.
Le Conseil Cor unum compte cinq femmes membres et le Conseil pour la pastorale des migrants et des itinérants compte une collaboratrice et deux religieuses consulteurs.
La pastorale de la santé compte trois religieuses parmi les 25 membres et six laïques parmi les 41 consulteurs.
Deux femmes appartiennent au corps des 51 consulteurs du Conseil pontifical pour les textes législatifs.
Une femme laïque est employée comme collaboratrice au sein du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux qui profite aussi des conseils de cinq femmes consulteurs – sur 31 personnes.
Au Conseil pontifical pour la culture, cinq femmes sont consulteurs et trois le sont au Conseil pontifical pour les communications sociales.
Difficile percée au niveau des académies
Au sein de l’administration du patrimoine du Siège apostolique, les quatre personnes chargées des archives et du protocole sont des femmes et sur cinq personnes chargées de la réalisation du site internet du Vatican, trois sont des femmes. Une femme est collaboratrice au sein du bureau du personnel du Vatican et deux autres sont en charge du secrétariat et de l’économat. En ce qui concerne la préfecture pour les affaires économiques du Saint-Siège, une femme est membre – sur quatre personnes – du Conseil des réviseurs internationaux.
Au niveau des commissions, une femme est membre de la commission pontificale pour les biens culturels, une autre est chef de bureau et 6 sont consulteurs – sur 43 personnes.
Trois femmes sont membres de la Commission pontificale d’archéologie sacrée, une autre est collaboratrice et deux autres sont inspectrices locales.
Deux femmes – nommées le 6 mars 2004 – sont membres de la Commission théologique internationale et une religieuse est membre du Comité pontifical pour les congrès eucharistiques internationaux.
Deux femmes – sur 25 personnes – sont membres du Comité pontifical des sciences historiques.
A l’Académie pontificale des sciences, aucune femme n’est académicienne. Quant à l’Académie des sciences sociales, outre la présidente qui vient d’être nommée, elle compte trois académiciennes et une femme, membre du Conseil de l’Académie. L’Académie pontificale pour la vie compte six femmes membre – sur 42 personnes -, l’Académie pontificale de Saint-Thomas d’Aquin – chargée de la diffusion de sa doctrine – regroupe de nombreuses académiciennes, alors qu’une seule académicienne appartient à l’Académie pontificale de théologie.
Une Italienne, Letizia Pani Ermini – la première à avoir été nommée à ce type de poste – est présidente de l’Académie pontificale romaine d’archéologie. Elle est la seule au sein de cette Académie. Enfin, trois femmes s’occupent du culte des martyrs à l’Académie pontificale portant le même nom.
Aux Archives secrètes du Vatican, une femme est archiviste et à la Bibliothèque apostolique vaticane, une femme est vice-assistante de la section des manuscrits, une autre est vice-conservateur à la section des imprimés, une autre encore est vice-conservateur au Secrétariat et enfin, une vice-assistante est employée au service des expositions. La Fabrique de Saint-Pierre compte trois femmes archivistes. La Direction des musées emploie de nombreuses femmes dont la Secrétaire générale.
Dans les médias
Dans le domaine des médias et de la communication, le quotidien du Saint-Siège, L’Osservatore Romano, ne compte aucune femme rédactrice, aucune femme n’est d’ailleurs employée, quel que soit son statut, toujours selon les indications de l’annuaire 2004.
Une femme est membre du Conseil d’administration de la Librairie éditrice vaticane et une autre est chef du bureau administratif. Il n’y a pas de femme au sein de la commission éditoriale.
A Radio Vatican, une femme est responsable des relations internationales, une autre – au sein de la Direction des programmes – est chef des services français, une autre des programmes liturgiques et une autre encore responsable de la coordination des programmes. De très nombreuses journalistes sont par ailleurs réparties entre les divers programmes et sections linguistiques.
Au CTV, la télévision du Vatican, une Italienne est membre du conseil d’administration.
Par ailleurs, deux femmes sont avocates au sein du corps des 21 avocats du Saint-Siège. Une femme est par ailleurs membre du Comité pour la sécurité du Saint-Siège, et une autre présidente du collège des commissaires aux comptes du fond d’assistance sanitaire pour le personnel du Saint-Siège. (apic/imedia/pr)




