Indignation de Mgr Georges Gilson

France: Les intégristes appellent cardinaux et prêtres à rompre avec l’oecuménisme

Paris, 14 mars 2004 (Apic) Les catholiques intégristes de la Fraternité Saint Pie X maintiennent leurs revendications sur le Vatican, près de seize ans après leur rupture, en adressant aux cardinaux et aux prêtres un document appelant l’Eglise à rompre avec l’oecuménisme. Mgr Georges Gilson s’est indigné de ces courriers «qui convoquent Jean Paul II au tribunal de l’inquisition»,

Ce document titré «de l’oecuménisme à l’apostasie silencieuse», a été récemment reçu par des prêtres français, a-t-on appris vendredi de source ecclésiastique, indique l’Agence France presse.

Selon cette dernière, ce document des intégristes a été adressé début janvier par la Fraternité sacerdotale Saint Pie X à tous les cardinaux, à l’occasion du 25e anniversaire du l’accession de Jean Paul II sur le trône de Pierre.

L’archevêque de Sens-Auxerre, Mgr Georges Gilson, s’est indigné de ces courriers «qui convoquent Jean Paul II au tribunal de l’inquisition», dans un témoignage publié jeudi par La Croix.

Selon la fraternité Saint Pie X, l’oecuménisme est fondé sur «une utopie, l’unité du genre humain».

Dans sa lettre aux cardinaux, le supérieur général de la fraternité, Mgr Bernard Fellay, les «supplie» de «faire tout ce qui est en (leur) pouvoir» pour amener le pape à abandonner cette voie. «C’est alors que l’Eglise catholique redeviendra tout à la fois phare de vérité et port de salut au sein d’un monde qui court à sa ruine parce que le sel s’y est affadi», ajoute-t-il.

Le fondateur de la fraternité Saint Pie X, Mgr Marcel Lefebvre, ainsi que les prêtres qui l’ont suivi dans son schisme, ont été excommuniés par le pape en 1988. Des démarches en vue d’un rapprochement entre Ecône et Rome sont toutes demeurées sans lendemain. En 2001, le Vatican a pris l’initiative de renouer le contact avec la Fraternité, mais celle-ci a posé des conditions jugées inacceptables.

Actuellement, le dialogue est toujours en cours entre le Saint-Siège et la Fraternité Saint Pie X. Jean-Paul II a nommé le cardinal colombien Dario Castrillon Hoyos, en 2001, dans la tâche difficile et délicate de l’affaire des lefebvristes.

L’opposition lefebvriste

L’opposition au Concile s’est incarnée principalement dans la figure de Mgr Marcel Lefebvre (1905-1991) et dans le mouvement traditionaliste qu’il a créé. Même s’il n’est pas intervenu au cours du débat sur la liturgie, il s’est montré un adversaire très actif de la collégialité épiscopale et de la liberté religieuse. Il y voyait le danger pour l’Eglise catholique de perdre son identité propre et à terme de disparaître.

Après le Concile, ses critiques étaient de moins en moins nuancées. Il fonda en novembre 1970 le séminaire d’Ecône, en Suisse, afin de former des prêtres «à l’ancienne» et se proposa de les réunir au sein de la Fraternité Saint Pie X. L’autorisation que le Saint-Siège avait donnée à ce mouvement est retirée le 6 mai 1975, ainsi que celle de procéder à des ordinations. Toutefois, le 22 juillet 1976, il va au-delà et se voit frappé d’une suspense «a divinis». Sous Jean Paul II, la contestation se poursuivit. Mgr Lefebvre dénonça notamment avec virulence, en octobre 1986, la rencontre interreligieuse d’Assise. Mais une lueur d’espoir de réconciliation apparut en 1988. Toutefois, l’évêque français procéda à l’ordination de quatre évêques, conduisant à son excommunication le 1er juillet 1988. (apic/imedia/ag/pr)

14 mars 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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