Emois dans l’Eglise luthérienne, en attendant le jugement

Danemark: Un sacristain croit en la réincarnation: un tribunal doit se prononcer

Copenhague, 14 mars 2004 (Apic) Un tribunal danois est appelé à se prononcer sur l’expulsion d’un sacristain croyant en la réincarnation. Ce dernier, qui demande après bien des années de palabres à être rétabli dans ses fonctions, a intenté un procès au Ministère des affaires religieuses. Le 5 avril, le tribunal décidera si le «fondement théologique» ayant entraîné l’exclusion de Steen Ribers était juste. Ceux qui suivent ce cas s’attendent à ce qu’il soit porté par la suite devant la Cour suprême.

En 1994, Steen Ribers avait été expulsé de l’Eglise luthérienne du Danemark car – en tant que membre du conseil de paroisse et représentant de l’Eglise – il avait dit qu’il croyait en la réincarnation. Il avait écrit et parlé en public de ce sujet. Le jugement est attendu avec impatience. Selon des chiffres avancés par l’Agence oecuménique ENI, une femme sur quatre et un homme sur dix, membres de l’Eglise luthérienne du Danemark, pourraient s’attendre à être expulsés de l’Eglise, car ils croient aussi, semble-t-il, en la réincarnation.

«Dans l’histoire de l’Eglise danoise, a déclaré Steen Ribers à ENI, un pasteur n’a jamais exclu quelqu’un de l’Eglise contre la volonté de ses membres». Pour l’évêque Karsten Nissen, ce jugement est d’une grande importance pour l’avenir de l’Eglise: «Si Steen Ribers est rétabli dans ses fonctions, nous ne pourrons plus protéger la confession de l’Eglise», a-t- il expliqué, en parlant de l’implication de l’Etat dans les affaires de l’Eglise. «Depuis la réforme [en 1536], l’Etat et l’Eglise sont étroitement liés, et nous n’avons aucune distinction entre les affaires internes et externes de l’Eglise».

Le sacristain – qui est un employé préposé au service de l’Eglise – pense que la décision du tribunal sera sa dernière chance pour rester dans l’Eglise, tout en estimant que la réincarnation est compatible avec l’enseignement de Jésus selon l’Evangile. «Grâce au développement spirituel, qui dure pendant plusieurs vies, nous nous rapprochons de Dieu», affirme-t-il. «En tant que représentant de Dieu, Jésus nous aide, mais il ne supprime pas nos péchés. Nous sommes responsables de nos actions».

L’évêque Nissen rejette ces affirmations. «Ce n’est pas du christianisme, dit-il. Jésus-Christ n’est pas seulement un modèle. Il est le Fils de Dieu, qui porte nos péchés».

Dilemme

Le 5 avril, le tribunal va se prononcer et décider si le fondement théologique ayant entraîné l’exclusion de Steen Ribers était juste. Ceux qui suivent ce cas s’attendent à ce qu’il soit porté par la suite devant la Cour suprême.

Quant à l’Eglise, elle se trouve confrontée à un dilemme car le sacristain n’est pas le seul membre de l’Eglise croyant en la réincarnation. En effet, 84% des habitants sont membres de l’Eglise luthérienne et un sondage aurait révélé qu’une femme sur quatre et un homme sur dix croient en la réincarnation.

Pour éviter des cas similaires touchant d’autres membres de l’Eglise, l’évêque Nissen entend établir une distinction entre les membres ordinaires et les personnes employées par l’Eglise. «Les employés ne devraient pas être autorisés à militer contre la base de l’Eglise».

L’évêque estime enfin que l’Eglise devrait pouvoir définir des critères pour l’adhésion, tout en ajoutant que «ceux qui ne peuvent pas être membres de l’Eglise ne devraient pas être écartés de la communauté ni de la communion». (apic/eni/pr)

14 mars 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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