Toujours pas de lapidation dans les Etats islamiques du Nigeria
Nigeria: Annulation d’une condamnation à mort pour sodomie
Kano, 24 mars 2004 (Apic) Un Nigérian de 23 ans a échappé à la condamnation à mort qui pesait sur lui. Un tribunal islamique d’appel de l’Etat de Bauchi, au nord du Nigeria, a annulé la sentence de mort par lapidation prononcée par un tribunal en septembre dernier.
Au cours des trois dernières années, huit personnes ont été condamnées à la lapidation dans les Etats du Nord au Nigeria. Dans quatre cas la sentence initiale a été annulée en appel, alors que les autres sont actuellement pendantes.
Dans le cas de Jibrin Babaji, 23 ans, accusé d’avoir eu des relations sexuelles avec trois jeunes garçons, sa condamnation a été annulée le 22 mars pour vice de forme. Le tribunal en appel a estimé que la juridiction inférieure n’avait pas strictement appliqué certaines règles de la charia, en particulier la nécessité de la comparution de quatre témoins pour prononcer une condamnation.
Le 23 septembre, l’accusé avait avoué qu’il avait versé 10 nairas (6 centimes d’euros) à trois enfants, dont deux âgés de 10 ans et l’autre de 13 ans, en échange de relations sexuelles.
Pression internationale contre la lapidation
La grande attention et mobilisation internationale autour de certains cas, comme celui d’Amina Lawal, ont certainement contribué jusqu’à maintenant à la non exécution des peines, mais ont également compliqué les rapports déjà délicats entre les 12 Etats du Nord qui ont introduit la charia depuis 1999 et le gouvernement fédéral. Les pressions internationales croissantes ont en effet contraint le président chrétien Olusegun Obasanjo à assurer que les cours d’appel fédérales annuleraient toute condamnation à mort par lapidation. Une décision qui n’a jamais vraiment été acceptée par une grande partie des 60 millions de musulmans qui constituent la moitié de la population du Nigeria. (apic/ag/misna/pr)




