Rome: Le cardinal italien Ruini souhaite le maintien des troupes italiennes en Irak

«Lutter contre le terrorisme sans blesser l’identité des musulmans»

Rome, 28 mars 2004 (Apic) Pour le cardinal Camillo Ruini, il faut lutter contre le terrorisme sans blesser l’identité légitime des peuples musulmans. Dans un entretien publié par le quotidien italien Il Corriere della Sera du 28 mars, le prélat italien commente les conséquences de la guerre «préventive» en Irak et le fossé entre l’Occident et l’islam.

«Je pense qu’il nous faut rester à Nasiriyya dans une attitude constructive, en aidant les Irakiens à combattre la ruine à laquelle doit faire face ce pays», affirme ainsi le cardinal Ruini, vicaire du diocèse de Rome et président de la conférence épiscopale italienne, faisant allusion aux troupes italiennes présentes dans cette ville au sud de l’Irak.»Il ne faut pas haïr mais il ne faut pas fuir non plus», explique-t-il au journaliste ’vaticaniste’ italien Luigi Accattoli, «mais il est nécessaire aussi d’éviter toute initiative qui élargisse le fossé entre Occident et le monde islamique, sinon on risque de faire vaincre la logique du terrorisme».

«J’ai été un des premiers, dès septembre 2002, à mettre en garde sur les graves implications d’une guerre préventive», poursuit le prélat. «Il faut trouver la voie, certes pas facile, pour réagir de manière juste contre le terrorisme, mais sans blesser l’identité légitime des peuples islamiques.». Pour le cardinal Ruini, «il incombe aussi une grande responsabilité aux autorités religieuses et politiques de l’islam, pour arriver à une pacification qui est dans l’intérêt de tous».

L’Occident doit avoir une bonne conscience de lui-même

Interrogé sur le risque de choc des civilisations entre Occident et islam, le cardinal italien estime que «le risque existe, mais il est aussi possible de le conjurer». «Il faut réussir à s’orienter vers la coexistence pacifique et la collaboration». Pour le prélat, le danger que court l’Occident est «peut-être celui de ne pas avoir assez conscience de lui- même». «Il est important qu’il ait une bonne et non pas mauvaise conscience de lui-même et ne peut pas mettre au même niveau ses valeurs fondamentales – comme la dignité de la personne, la liberté et la fraternité -, avec la négation de ces mêmes valeurs. Autrement, ajoute le cardinal Ruini, il risque de perdre ses propres racines. Le relativisme culturel est toujours un grand danger».

Enfin, le cardinal Ruini s’est dit opposé, en Italie, à une loi contre le voile comme en France où «le régime de séparation entre l’Etat et l’Eglise est absolu». «La laïcité française n’est pas la même que la nôtre», a-t-il expliqué. (apic/imedia/bb)

28 mars 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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