Le régime de transition cèdera la place à un gouvernement élu
Congo: L’Eglise se lance dans l’éducation civique en vue des futures élections de 2005
Kinshasa, 29 mars 2004 (Apic) La Conférence épiscopale nationale du Congo-Kinshasa, (Cenco), entreprend une éducation civique de grande envergure, destinée à préparer les populations aux élections de 2005 en République Démocratique du Congo. L’aboutissement du processus sera la mise sur pied d’un régime constitutionnel démocratique.
En juillet 2003, lors des travaux du Comité permanent, l’épiscopat congolais a lancé le programme d’éducation civique pour la préparation de la population aux élections de juillet 2005. Le programme d’action a été diffusé dans tous les diocèses. Des projets expérimentaux de l’Eglise catholique pour une transition réussie ont commencé. Ils concernent la formation des prêtres, des religieux et religieuses, des laïcs et des responsables locaux du mouvement d’action catholique. Des pasteurs, des responsables protestants, des anglicans, des coptes- orthodoxes, des kimbanguistes ont aussi suivi cette formation.
A travers ce programme d’action, l’Eglise catholique «a rompu avec une tradition de la parole sans geste, de dénonciation sans lendemain et de discours sans action». Elle a voulu, explique la Cenco, «orienter ce programme vers les communautés de base, visant à donner au peuple les notions de base d’un Etat qui se veut démocratique».
L’éducation civique, axée sur la préparation des citoyens aux élections constitue une priorité et une urgence, ont estimé les évêques. L’Eglise catholique compte sur des atouts et une influence considérable auprès d’une grande portion de la population pour «entraîner la société congolaise, dont les habitants sont marqués par la pauvreté, dans une lutte politique pour la démocratie».
Eviter à tout prix un resurgissement de la violence
La Cenco croit que seule une combinaison de pressions continues venant de l’intérieur et de l’extérieur du pays pourra contraindre les dirigeants à «respecter leurs engagements et leurs signatures». Pour la Cenco, la communauté internationale, «qui a engagé des dépenses considérables dans la mission de paix au Congo-Kinshasa et dans le processus de fin de la guerre, voudrait une élection dans les délais prévus». L’épiscopat catholique de RDC estime que «si le peuple congolais ne se reconnaît pas dans les élections, des fauteurs de troubles pourront relancer les milices et les violences et retrouver des alliés à l’extérieur pour reprendre les pillages».
En février 2003, le Comité permanent des évêques du Congo-Kinshasa avait rendu public son message «J’ai vu la misère de mon peuple» (Ex. 3,7), inaugurant une nouvelle dynamique dans les prises de position de l’Eglise face au drame que vit le peuple congolais en RDC. Une cellule d’experts, l’»Observatoire de la Cenco», a été chargée de soutenir cette dynamique. Dans ce cadre on a mis sur pied la formation de leaders politiques et de responsables catholiques. Vingt-trois diocèses du pays ont été représentés au séminaire-atelier d’août 2003, destiné à définir le cadre général d’intervention de l’Eglise pour soutenir l’engagement de la population congolaise dans la période de transition précédant les élections de juillet 2005.
L’éducation civique peut s’appuyer sur le vaste réseau de l’Eglise catholique
La Cenco ajoute que le programme d’éducation civique peut s’appuyer sur «cette force qu’est l’Eglise catholique en RDC, présente à l’échelle nationale et disposant d’une puissante infrastructure socio-pastorale, et d’un réseau scolaire parmi les plus importants du pays.
Les mouvements et associations au sein de l’Eglise, le leadership religieux, grâce aux communautés, sont les autres atouts de l’Eglise catholique. Cette dernière exerce une influence sur tout le pays, par le truchement de ses communautés et son réseau de communication, dont la presse confessionnelle.
L’Eglise va aussi s’investir pour l’intégration politique des femmes, avec une règle visant à une représentativité féminine de 40 %. Ceci tant chez les formateurs, les animateurs, qu’au niveau des groupes et d’associations de base, précise la Cenco. La phase préparatoire s’étend sur en avril, mai et juin 2004.
Le gouvernement de transition en RDC a été mis en place en juillet 2003. Il cédera la place à un gouvernement élu, à la fin de la transition, en juillet 2005. La transition pourra être prolongée de six mois, renouvelable une seule fois pour six mois. Si les circonstances l’exigent, la période transitoire pourra aller plus tard juillet 2006.
Cette transition vise la réunification, la pacification, la reconstruction du pays, la restauration de l’intégrité territoriale et le rétablissement de l’autorité de l’Etat sur l’ensemble de la RDC. La transition poursuit aussi l’objectif de la réconciliation nationale et de la formation d’une armée nationale, restructurée et intégrée. Ladite période transitoire, avec l’organisation d’élections «libres et transparentes», verra la mise en place des structures devant aboutir à un régime constitutionnel démocratique (apic/dia/vb)




