Allemagne: Les «boîtes à bébés» n’ont résolu aucun problème, selon un rapport
Augmentation des nouveau-nés trouvés morts
Bielefeld, 30 mars 2004, (Apic) L’introduction des «trappes pour bébés» dans certains hôpitaux allemands, depuis trois ans, n’a pas résolu le problème. De 17 en 2001, le nombre de nouveau-nés abandonnés et trouvés morts dans le pays est passé à 30 en 2003, selon un rapport de Terre des Hommes.
Les «trappes pour bébés» qui existent dans des hôpitaux privés de plusieurs villes allemandes permettent aux mères de déposer un nouveau-né non désiré dans une boîte installée à cet effet dans un mur ou une porte. Un dispositif d’alarme résonne aussitôt et avertit des assistants qui viennent prendre l’enfant en charge.
Une telle pratique est considérée comme illégale sur le strict plan de la loi, mais personne n’a été poursuivi pour donner son enfant de cette façon, relève l’agence d’information oecuménique ENI. Les premières «trappes pour bébés» ont été introduites en Allemagne après une série d’incidents survenus en l’an 2000 au cours duquel des enfants apparemment non désirés avaient été abandonnés dans des poubelles.
Des boîtes illégales
Mais le nombre de nouveau-nés abandonnés et trouvés morts est passé de 17 en 2001 à 30 en 2003, selon un rapport de Terre des Hommes, un groupe qui s’occupe d’enfants. «Nous savons que les femmes qui tuent leurs bébés sont désespérées et agissent dans la panique. Mais les ’boîtes à bébés’ et le soutien psychologique n’aident pas», a déclaré Michel Heuer, porte- parole de Terre des Hommes, en ajoutant que ces boîtes sont illégales parce qu’elles privent l’enfant du droit de connaître l’histoire de sa famille.
Le débat a été récemment relancé lorsque deux gouvernements régionaux, dans les Etats de Bavière et de Bade-Wurtemberg, ont préconisé un changement de la loi pour permettre les accouchements sous X. «Notre but est surtout de n’avoir pas besoin de ’trappes pour bébés’. Mais pour certaines femmes, cela est nécessaire comme dernier recours», a expliqué Barbara Witthohn, qui travaille dans un hôpital géré par les luthériens à Hanovre et où il existe un service pour les mères qui veulent remettre leur bébé sans révéler leur identité.
Trois nourrissions déposés en trois ans
«La ’boîte à bébés’ seule n’est pas une véritable aide», a poursuivi Barbara Witthohn, à la tête du réseau «Miriam – aide à la vie», qui propose un numéro d’urgence gratuit et un soutien psychologique, un service pour les femmes voulant accoucher sous X, et un foyer pour mères et enfants, ainsi qu’une «trappe pour bébés». «Il y a trois ans que nous avons offert cette possibilité et depuis, trois nourrissons ont été déposés dans la ’boite à bébés’. L’un a été repris par sa mère, l’autre a été confié à l’adoption après la visite de sa mère venue chercher un soutien et nous ne savons pas encore qui est la mère du troisième bébé.»
La «trappe pour bébés» contient un moyen d’identification de l’enfant si la mère désire demander des nouvelles, ou le reprendre. Si la mère ne contacte pas l’hôpital dans les huit semaines qui suivent, l’enfant pourra être adopté. (apic/eni/bb)




