A quand la justice pour les 250’000 à 500’000 femmes violées?

Rwanda: Dix ans après: les suites du génocide ne font toujours l’objet d’aucune mesure

Londres/Lausanne, 5 avril 2004 (Apic) 250’000 à 500’000 femmes rwandaises ont été violées durant le génocide. Beaucoup ont été contaminées par des maladies sexuellement transmissibles, mais n’ont que peu accès à des soins médicaux. Amnesty International (AI) demande au gouvernement rwandais et à la communauté internationale d’accorder réparation aux victimes du génocide et de relever le défi de la justice au Rwanda.

Dix ans après le début du génocide au Rwanda, le génocide, la guerre et le sida ont contribué à l’apparition d’une génération d’enfants orphelins vivant dans la plus grande pauvreté et vulnérables à toutes formes d’abus et d’exploitation. Dans deux nouveaux rapports sur le Rwanda (disponibles en anglais, le premier sous le titre Rwanda: «The Enduring Legacy of the Genocide and War» et le second intitulé «Marked for Death: Rape Survivors Living with HIV/AIDS in Rwanda)», AI décrit à quel point les survivants du génocide et du conflit de 1994 sont restés marqués et traumatisés par ce qui s’est passé. Souvent marginalisés, ils n’ont que peu accès aux soins médicaux, assure l’organisation, qui dénonce les atteintes aux droits humains dont ils sont victimes. Atteintes qui vont des mises en détention arbitraires aux violences physiques et à la répression.

Dans l’attente d’une réparation

Selon AI, les bases d’un futur conflit et de l’insécurité resteront en place tant que le gouvernement rwandais n’honorera pas ses engagements en matière de droits humains. AI demande au gouvernement rwandais et à la communauté internationale d’accorder réparation aux victimes du génocide de consacrer des moyens financiers, techniques et politiques à la protection des droits humains dans le pays.

Les femmes ayant survécu à des viols restent les plus marquées par le génocide. Les Nations Unies estiment qu’entre 250’000 et 500’000 viols ont été commis. Beaucoup de femmes vivent aujourd’hui après avoir été contaminées par des maladies sexuellement transmissibles, notamment par le virus du sida ; elles n’ont que très peu d’espoir de pouvoir recevoir des soins médicaux ou d’obtenir une quelconque réparation.

Justice nécessaire

Les deux nouveaux rapports d’Amnesty International indiquent également qu’environ 80’000 personnes seraient actuellement détenues dans les prisons du pays, en attente d’un procès pour des crimes commis pendant le génocide.

Les tribunaux rwandais ont jugé moins de dix pour cent des personnes détenues au cours des sept dernières années. Les tribunaux gacaca n’ont encore rendu aucun jugement. (apic/com/pr)

5 avril 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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