Rome: La communauté Sant’Egidio distinguée pour son action contre le Sida en Afrique
Récompense scientifique pour «un sacré boulot»
Rome, 14 avril 2004 (Apic) La communauté Sant’Egidio recevra le prix de l’Université italienne de l’Aquila pour son programme DREAM (Drug Resource Enchancement against AIDS and Malnutrition) de lutte contre le Sida en Afrique.
C’est la première fois que la communauté Sant’Egidio reçoit une distinction scientifique. Le prix sera remis à l’Aquila, le 23 avril 2004.
Au cours d’une conférence de presse le 14 avril 2004 au siège de la communauté de à Rome, Ferdinando di Orio, président de la Faculté de médecine de l’Aquila et Luigi Bignardi, recteur de l’Université, ont souligné que l’attribution de ce prix est un «signe d’engagement de leur part en direction d’une autre réalité sanitaire de la planète».
Pour les responsables du projet DREAM, ce prix scientifique est la reconnaissance de leur travail avant-gardiste: «l’université forme à l’excellence, qui doit être portée sur le terrain». Pour la communauté Sant’Egidio, «ce prix marque le début du partenariat avec l’université de l’Aquila et le monde universitaire».
En février 2004, médecins, chercheurs et experts de la ont présenté leurs résultats à une conférence annuelle mondiale sur le Sida, tenue à San Francisco, aux Etats-Unis. Le programme DREAM a démontré que l’on pouvait dépasser le stade de la prévention de la maladie en Afrique sub-saharienne et y développer une intervention spécifique contre le développement du Sida, en tenant compte des réalités sociales et culturelles du continent.
DREAM développe en Afrique le traitement très contraignant du Sida par trithérapie. Grâce à un suivi sanitaire et social, 95 % des patients poursuivent leur traitement, et 97% des enfants nés de mères séropositives traitées par trithérapie naissent sains. Ces taux sont identiques à ceux obtenus en occident.
Plus un rêve, mais une réalité
«La monothérapie moins coûteuse n’est pas une réussite. Ce traitement permet de sauver l’enfant, mais pas sa mère, et un orphelin «est un poids» social pour un pays pauvre. Par ailleurs, la trithérapie fait du Sida une maladie quasi pathologique en augmentant l’espérance de vie des malades. Ils peuvent ainsi retourner à une vie presque normale», explique les responsables de Sant’Egidio. «Ces résultats montrent aux populations l’efficacité de nos traitements, et les poussent à venir nous consulter, à s’informer, et à se faire dépister et soigner».«Nous avons créé un modèle qui doit être copié. Ce n’est plus un rêve, mais une réalité», ont conclu les responsables du plan DREAM présents lors de la conférence de presse.
7’730 volontaires sur le terrain
La communauté Sant’Egidio a engagé son programme de lutte contre le Sida au Mozambique en février 2002, après deux ans de mise en place des structures nécessaires aux 13 centres de ce pays. Le programme DREAM s’étend aujourd’hui au Malawi, à l’Angola, au Nigeria, à la Guinée-Bissau, à la Guinée Conakry et au Swaziland. 7’731 volontaires travaillent sur ce projet, suivant ou traitant par tri thérapie, 7’000 personnes, pour un coût annuel par malade estimé à 800 dollars. Dans ce projet, la communauté Sant’Egidio est soutenue par la banque italienne Unicrédit et espère conclure un accord avec la Banque mondiale.
Sur 30 millions de séropositifs en Afrique, 60’000 ont accès à un traitement. Une manifestation nationale pour l’Afrique se tiendra à Rome le 17 avril 2004. Elle est organisée, entre autres, par la communauté Sant’Egidio, la ville de Rome, l’UNICEF, la FAO, l’Institut des missionnaires italiens, et de nombreuses organisations non gouvernementales de la péninsule. (apic/imedia/pr)




