Vietnam: Le bureau du HCR accueillant les Vietnamiens au Cambodge est fermé

Les «montagnards» fuyant le Vietnam ne savent où aller

Hô Chi Minh-ville, 18 avril 2004 (Apic) De nombreux «montagnards», les chrétiens indigènes qui habitent les hauts plateaux du Vietnam, se sont enfuis vers le Cambodge voisin, après la vague de répression subie durant les fêtes de Pâques. Mais le bureau du Haut-commissariat de l’ONU pour les Réfugiés au Cambodge, dans la province de Ratanakiri, est obligé de fermer, accusé de collusion avec les réfugiés.

Suite aux demandes des autorités cambodgiennes, le Haut-commissariat des Nations-Unies pour les Réfugiés (UNHCR) a dû fermer son Bureau dans la province nord-orientale de Ratanakiri, au Cambodge. Les conditions de vie des «montagnards» fugitifs deviennent de plus en plus difficiles.

Selon ce qu’a annoncé l’Organisation humanitaire «Human Rights Watch» (HRW). Lors d’une réunion de prière organisée le 10 avril à Buon Ma Thuot, capitale de la province de Daklak, rapporte HRW, plus de 150’000 chrétiens des hauts plateaux du Vietnam ont manifesté contre la répression religieuse du gouvernement et contre la confiscation continue de leurs terres.

Le rassemblement avait été interrompu par les autorités vietnamiennes et des centaines de personnes avaient été blessées, arrêtées ou tuées, selon l’organisation HRW, et la région fermée aux étrangers, les vols aériens annulés. Nombre des participants avaient alors cherché à se cacher dans les forêts ou à trouver asile au Cambodge voisin.

Le mois dernier déjà, 40 «montagnards» vietnamiens s’étaient enfuis au Cambodge, à Phnom Penh, où se trouve un refuge pour eux, placé sous la protection des Nations-Unies. Aujourd’hui, leur accueil est devenu plus difficile, après la mesure des autorités cambodgiennes.

Etant donné l’arrivée continuelle de ces réfugiés, l’UNHCR avait décidé de maintenir ouvert un bureau dans la Province de Ratanakiri. Le bureau a été accusé d’agir secrètement dans les régions de frontière pour «faire entrer» les «montagnards» du Vietnam, accusation aussitôt démentie par l’UNHCR.

Réfugiés envoyés à Pnom Penh

En attendant, les refugiés du Vietnam qui demandent l’aide des Nations- Unies sont envoyés au Bureau de la Capitale, Phnom Penh. Le Haut- commissariat des Nations-Unies pour les Réfugiés tient à préciser qu’il a toujours agi dans le respect des accords de coopération, stipulés avec le Cambodge, dans le cadre de son propre mandat, selon les principes de la Convention de 1951 sur les réfugiés, dont le Cambodge est signataire. «Le travail réalisé par l’UNHCR au Cambodge, déclare un communiqué, a toujours été caractérisé par la transparence et par un esprit de coopération, et il continuera dans cette ligne».

Une grande partie des indigènes «montagnards» sont des chrétiens protestants. Depuis des années, ils subissent des expropriations de terres et la persécution religieuse. Le gouvernement vietnamien ne reconnaît pas leurs droits, en particulier parce qu’il les considère comme des «ennemis de l’Etat». Pendant la guerre du Vietnam, en effet, ils étaient aux côtés des Etats-Unis.

Dans une intervention à la 60e Assemblée de la Commission de l’ONU sur les Droits de l’Homme, qui se tient en mars-avril 2004 à Genève, un représentant des «montagnards», M. Kok Ksor, a déclaré : «Depuis trente ans environ, le gouvernement vietnamien contraint les indigènes à quitter leurs terres ancestrales, en violant ainsi leurs droits fondamentaux et les réduisant à un état de pauvreté extrême, ignorant les recommandations des Nations-Unies» (apic/fides/vb)

18 avril 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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